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 [Solo] Traque infernale

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Raoul

Raoul

Messages : 27
Date d'inscription : 04/04/2011

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MessageSujet: [Solo] Traque infernale   [Solo] Traque infernale Icon_minitimeMer 27 Avr - 17:44

(Voici la première partie d'un RP solo qui vise à incorporer mon personnage à la ville pour qu'il se trouve un "travail".)

~~~

La scène se tient en une fin d’après-midi au soleil déclinant.

Une porte s’ouvrait sur une arrière-boutique sombre.
Au premier coup d’œil de la jeune femme, la pièce lui sembla organisée avec une méticulosité troublante. Au plus proche d’elle, il y avait sur les étagères des centaines de flasques, des petits coffrets étiquetés, des balles de vieux tissu et ce qu’on pourrait apparenter à des pots-pourris.
Alors qu’elle laissait s’égarer son regard anxieux, l’homme qui l’accompagnait lui fit signe d’entrer. C’était un de ces hommes pressés qui n’aimait jamais faire affaire au même endroit. Et aujourd’hui, il s’était invité chez un de ses « débiteurs ».
Voyant qu’elle ne savait que trop ce qui l’attendrait derrière, il força son hésitation d’un regard dur et lourd de menaces. De toute façon, il n’y avait que cette option qui s’offrait à elle. Les deux hommes de main qui fouillaient négligemment dans la boutique y veilleraient.
Une faible lumière pénétrait dans la pièce depuis le vasistas engoncé dans le bas plafond. On n’y voyait pas grand-chose, si ce n’est en dessous de cette fenêtre où se tenait une table miteuse.
Le parquet grinça alors qu’il allait s’asseoir, visiblement pressé d’en finir.

« Voilà que j’accède à vos désirs en me libérant pour vous, voyez par vous-même. Quel homme magnanime fais-je. Qui plus est, je suis venu en personne alors que j’avais bien mieux à faire. Vous en avez conscience, n’est-ce pas ? »

Chaque remarque qu’il faisait semblait l’excéder un peu plus.

« Asseyez-vous et dites-moi clairement ce que vous me voulez. »

La jeune femme craintive s’assit à la chaise qui lui semblait destinée.
Froid et altier, l’homme au bon parler qui se tenait devant elle lui était inconnu. Jeune, grand, brun, élégant et soigné, il était de ces nobles affairés auxquels une fille comme elle priait pour ne jamais avoir à rencontrer dans ce genre de circonstances. Si ses petits airs décents et mercantiles eurent fait fondre un père de fille nubile, ils faisaient suinter l’effroi sur sa peau. Son souffle était court, la sueur rendait sa fine robe blanche de coton poisseuse.
Elle était certaine que cela se passerait mal.
La noblesse de main ne faisait aucune concession.
La pression qu’il fit naître chez elle en jouant négligemment avec sa montre à gousset lui ôtait tous les mots de la bouche. Prenant sur le dernier petit bout de volonté qu’il lui restait, elle finit tout de même par bégayer sa réponse.

« C’est… c’est pour mon père qu-que je suis ici. Messire.
- Et donc ? Qui est-ce ? Qu’est-ce qu’il me veut ? exigea-il machinalement, son regard évasif trahissant son exaspération.
- Mon père est épicier, pas loin de la grand’place. Mervin de… Un honnête homme, pou-pour sûr. Et Il, il… a beaucoup de mal à j-joindre les deux bouts. (L’homme haussa les sourcils). Mon père vous doit beaucoup d’argent... et je… je… »

Ses yeux fuyants se firent brillants à ces quelques mots. Le léger sourire qu’il n’arrivait pas à réprimer trahissait sa morgue.

« Comme beaucoup d’honnêtes hommes, ma… jeune amie. Comme beaucoup d’honnêtes hommes. Que puis-je pour toi ?
- Je vous en prie ! Je vous en prie… il doit vous rendre cette argent demain… donnez-lui plus de temps… qu’il puisse se…
- Il n’en n’est pas question, l’interrompit-il sèchement. Sérieusement, pour qui est-ce que vous me prenez ? se railla durement le noble. J’ai des délais à tenir, j’ai des gens à payer avec cet argent ! »

Elle était résolue à tenter le tout pour le tout.
Maladroitement, elle passa sa robe par-dessus sa tête, la laissant choir au pied de sa chaise.
Un silence gêné mit fin à l’échange.
Le visage femme devint de plus en plus rouge à mesure que l’homme faisait durer le silence. Honteuse et angoissée, elle ne savait plus que faire. L’idée lui vint de partir en courant, d’arrêter ses conneries, mais elle savait bien qu’elle ne pourrait pas.
Le pivoine de ses joues mettait clairement plus en valeur ses yeux de biche que sa précédente pâleur de cadavre. Elle avait de beaux cheveux, un beau visage… c’était plutôt un beau brin de fille. Mais ça, le nobliau n’en avait vraiment rien à faire. Ce qui le mettait hors de lui, c’était cet amalgame de pouvoir, d’exaspération, de mépris… et surtout de désir, exalté par la vue de ses seins….
Normalement, l’effet n’aurait pas dû dépasser le degré du « contextuellement surprenant ».
Mais quoi de plus perturbant quand on se pense homosexuel et que l’on se fait juste passer pour un prodige travailliste et abstinent, bien trop ambitieux pour penser à la fesse… ?
Quelle situation… compliquée.

Bien sûr, c’était avant que l’on attendait une divine intervention. Avant que les deux parties restent muettes et soient sclérosées par l’humiliation et l’impuissance.

Et c’est à ce moment-là qu’ils regrettèrent l’un comme l’autre de s’être plaint.
La situation pouvait être pire.
Bien pire.

Après deux minutes à doucement mijoter, un bruit monstrueux vint les déraciner, leur donnant une nouvelle raison de s’angoisser. L’après-midi était jusque-là d’un calme exemplaire, qu’est-ce qui pouvait… faire autant de vacarme ? Ce n’est pas tant que le bruit était inquiétant, c’est surtout qu’il semblait se rapprocher à une allure monstre. Des cris et des martèlements infernaux convergeaient vers eux de nulle part. Ils allaient très vite ! Bien trop vite pour s’enfuir ! Et puis …
Le toit explosa littéralement, projetant bois, poussière, lumière, merdouilles en tout genre dans toute la pièce. Un déchirement sonore colossal, un choc titanesque et soudain, considérablement amplifiés par le sentiment d’exiguïté qu’imposait l’obscure pièce.
Autant dire que s’il leur restait une quelconque velléité de s’insurger, elle fut soufflée net.

Jeté au bas de leur chaise, plus sonnés que meurtris par le heurt, ils purent voir la fumée se dissiper, doucement. Un homme blond gisait torse nu au milieu des décombres. Il semblait en tout point fracassé. Son crâne était en sang et son dos bariolé de blessures, griffures et hématomes. Son vieux pantalon et les conneries qui pendaient à sa ceinture n’attirèrent pas leur attention, focalisés qu’ils étaient sur le constat.
Mort, il ne pouvait qu’être mort.
Et puis qu’est-ce qu’il foutait là ?

Ils entendirent hurler un des hommes de main qu’il arrivait à leur secours. Une fois qu’il eut peiné à enfoncer l’entrée encombrée par des débris, l’ours affublé d’une élégante chemise se tint coi sur le pas de la porte. Comment trouver un sens à cette scène incongrue ?
Le prétendu défunt se mit à remuer.
Il toussa, cracha du sang, s’éclaircit la gorge.
L’homme se redressa jusqu’à être à genou, puis il se tourna avec une indolence démoniaque vers les badauds qui le dévisageaient.

« Où il est… » marmonna-t-il d’une voix grave et chevrotante.

Ce faciès impitoyable et dégoûtant de sang, ces orbites infernales que l’éclairage faisait vides… il avait tout d’un revenant.

« Où il est ! » hurla-t-il en se mettant à fouiller les décombres autour de lui.

Reprenant contenance, le noble essaya une ou deux fois de lui demander qui il pouvait être, mais sans succès. Obnubilé par son ouvrage, il ne voulait guère répondre. Le démon se mit à pousser les étagères en vociférant dans une langue inconnue, à essayer de déplacer les planches comme un possédé. Il était grand, fin, musclé, farouche, animal… sauvage.
Soudain, alors que le remue-ménage qu’il faisait avait confisqué jusqu’au dernier mot des trois bougres, un chat émergea d’une balle de tissu poussiéreuse. Un matou squelettique, d’un noir ignoble avec des yeux verts accablés d’un répugnant strabisme.
A sa vue, le blond devint fou et se mit à rugir des insultes incompréhensibles. Il bondit avec une prestesse féroce pour essayer de l’attraper. Le chat esquiva et détala dans l’instant comme s’il avait le diable aux trousses.
Ce qui était un peu le cas.
Le félin dérapa sur les saletés qui s’étalaient sur le sol et passa entre les jambes du garde. Le possédé se mit à courir à sa poursuite, bousculant violemment le planton qui obstruait la porte.

Il laissa aux spectateurs un amer goût d’hébètement qui ne tarderait pas à se muer en indignation.
Une chose est sûre : ils en entendraient parler de nouveau. De tels fléaux ne pouvaient pas disparaître comme ça...
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