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 Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis

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Tonton

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Messages : 3
Date d'inscription : 02/11/2012

MessageSujet: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   Sam 10 Nov - 11:49

Il a connu mieux, comme paillasse.
C'est ce qu'il se ressasse en arpentant les rues, caustique, les épaules raides.
Non, l'humeur n'y est pas en ce frais matin.

Le pas est léger, le regard vagabond.
Doucement, les rues défilent. Les angles sont aigus, les allées fangeuses, les terrasses asymétriques.
Alors même que le temps n'y est pas, tout fait trop vivant. Et ce qui le gêne, c'est que tout semble avoir toujours été pareil sinon pire. Raclures et morveux grouillent sur le pavé crasseux, braillent et s'affairent ; indistinctement. De la bicoque a foisonné tout le long des chemins, à la va-comme-j'te-pousse. Souvent même, large de quatre cinq pieds, toute en hauteur, on a vraiment l'impression qu'on l'a foutue au milieu d'une rue.

Il se traîne, au rythme de ceux qui ne vont nul part en particulier.

Tonton y pense parfois, il sent au travers de sa tunique le temps qu'il lui reste à jouer au touriste. Dans la doublure de sa noire et rêche fourrure, sa caillasse. Combien, il n'en sait rien, il n'a pas recompté depuis son départ. Mais elle parait encore bien replète. Et vu ce que lui a demandé le taulier sordide, il dirait qu'il a encore suffisamment, tant qu'il serait pas exigeant.

Oui, mais suffisamment pour quoi ?
L'autre connard de Francis n'avait pas tort. Débarquer ici et faire des rondes sur pas de balade, c'est pas vraisemblablement efficace. Entre ce qu'il avait oublié et ce qu'il n'avait jamais su, la gloire ne jouait pas du tambourin.
Enfin bon.
On lui avait bien fait rencontrer une demi-douzaine de Seymour, à force de seriner son nom. Rien qui ne tienne bien la route. Du trop bronzé, du trop vieux, du trop tordu, du trop invraisemblable. Et plus ça allait, moins on lui trouvait de chair fraîche. Et plus ses sources lui faisaient comprendre que c'était marre.
Il devait sûrement avoir déjà épuisé ce qui se faisait côté cloches et pèlerins.
Pourquoi se décourager en si bon chemin ?
Rien.
Que dalle.
De quoi l'énerver. Mais bien.
Alors faute de mieux, il marche. Il marche en pestant. L'important ce n'est pas d'aller quelque part qu'il se dit, c'est d'entretenir le mouvement. Sinon les emmerdes, les choses ne viennent pas à vous toutes seules, faut se bouger.
Tonton reste donc sur du repérage aujourd'hui, sur de la reconnaissance. En voilà un mot qui fait technique, ça fait sérieux.
La reconnaissance.

---

Au détour d'une place, le temps passe, la matinée s'efface.
Déjà bien loin de la flotte, dans les hauteurs, Tonton s'octroie une pause, il s'accoude à une rambarde ; un genre de garde-fou tout piteux qui donne envie de se foutre en l'air.
Si l'on avait à être précis, on dirait qu'on est pas vraiment sur une place lambda. Non, on est pas dans un genre de clairière sporadique dans la frondaison des charpentes.
On est plus dans la ville basse ici.
Les gens se font moins tassés, moins taillés à la serpe ; et puis ouais, ils sentent quand même déjà moins la pisse. Ils donnent moins l'impression de se balader avec des yeux caves. Et ben, c'est un peu pareil pour les baraques.

Ici, on se dirait plutôt sur le parvis d'une grande bâtisse aveugle - le petit parvis d'une grande bâtisse aveugle. Belle et fière si on veut ; mais surtout passée et fatiguée. La roche effritée et la mousse rampante ont fait les jeux. Mais on a envie de dire bâtisse, pas bicoque.
Le toit a beau être effondré, les marches de l'entrée polies et en bateau... même que tout est sûrement en ruine à l'intérieur.... Mais elle dégage un histoire cette baraque, une passé, une vie : un truc.
Cette conclusion se suffit à elle-même.
Tonton hoche alors la tête, comme satisfait de sa réflexion.

Retournant à sa contemplation, Tonton se penche vers l'horizon.
D'ici, on peut voir comment ça rend, une ville construite n'importe comment sur une pente pas si douce. De près comme de loin, ça fait bordel ; mais d'ici la vue est plutôt agréable. Pour ne pas dire impressionnante.
Et étrangement, il est pas le seul en ce début d'après-midi à jeter des fleurs au petit patrimoine. Un type, dans le genre du coin. Certes mal sapé, mais avec la tronche et la posture de celui qui porte sa crasse comme une patine. Un bourgeois déguisé. Ouais, déguisé. Tonton a le flair pour ces trucs là. Mais bon, il joue sûrement un peu trop bien le jeu ; il a la peau bien cramée et il refoule au moins autant qu'un trimard. Ses oeillades se baladent avec langueur entre les ruines et le plain de l'eau.

"Dites. Vous écouteriez l'histoire d'un vieil homme ?", soupire-t-il sans lui décocher de regard.

Le temps de réfléchir.

"J'suis sûrement plus vieux que toi. Mais là écoute, tout de suite maintenant, j'ai rien à faire."

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Gray Jenkins

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MessageSujet: Re: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   Lun 12 Nov - 21:24

Gray était énervé. Voilà une semaine qu'il arpentait les rues, les ruelles et les docks à la recherche de «trucs » et de «machins » à faire... Et rien. Un gros que dalle. Ah si, une chose. Mais il est plus décent de pas raconter ce qu'on lui a demandé de faire. Question... de fierté. Bref, c'était la misère.
Il se retrouvait là, à glander comme un pouilleux, sans savoir où aller, ni que faire de ses mains.
Et puis merde à la fin. Plein le râble de ces conneries. La ville et ses péquenots commençait à lui courir sur le système.
Où étaient passées les aventures palpitantes qu'il était venu chercher ? Il ne s'était retrouvé que face à toute la misère du monde qui, sans honte, s'affichait aux yeux de tous. C'était déprimant.

Et pour couronner cette situation moisie, aucune nouvelle de Seymour depuis qu'ils s'étaient séparés. Pas la moindre idée de où il était et de ce qu'il faisait.
Seymour... Ah ça pour causer il était fort, l'enfant prodige des Jenkins. Par contre quand il s'agit de nous sortir de la merde, y'a plus personne.
Au fond, Gray savait très bien que cette situation n'était de la faute de personne, sinon de cette foutue tendance à se mettre dans des situations à la con. Mais il fallait bien passer ses nerfs. Et surtout sur quelqu'un.


Tout en jurant dans sa barbe inexistante d'adolescent pré-pubère, Gray déambulait dans les artères de la cité, remontant peu à peu vers la ville Haute. Il s'était surpris plusieurs fois de ne pas y avoir mis les pieds depuis son arrivée. Faut dire que son allure de clodo faisait un peu tâche dans le décor lisse et satiné du coin.
Le contraste était saisissant. On se serait cru à Frösön. Du marasme social auquel on assistait en arrivant, on passait dans l'exact opposé. Ça puait l'argent, et ça dégoulinait de mépris.


* Cet endroit plairait à Seymour * se dit Gray en souriant. Ces bourges étant «les plus faciles à berner» selon lui.

Il commençait à faire soif. Un rhum aurait été le bienvenu. Ce serait sa prochaine quête.
Palpitante.
Fallait bien trouver des sources de motivation pendant ces journées creuses. Le pas décidé, il mit en route ses recherches. Elle le menèrent vers la Grand Place de la ville Haute, qui surplombait la baie. Spectacle magnifique. D'ici, on pouvait contempler la ville et son effervescence, les docks et les centaines de bateaux amarrés au port et, plus loin, l'horizon et ses promesses. Cette image saisissante lui redonna courage et envie. Lui et son frère allaient réussir de grandes choses ici, il en était sur. Fallait juste le retrouver.

Hum.

Après avoir terminé sa quête épique, Gray s'accorda une pause (oui, pas trop d'émotions d'un coup) profitant de l'ombre d'un arbre pour s'étendre. Il alluma l'une de ces choses qu'il avait découvert à Clavinia. Une sorte de petit cylindre de papier rempli d'herbe à fumer hachée que l'on doit inhaler par la bouche. Il n'avait aucune idée du nom que portait ce machin, mais il s'en fichait. C'était agréable. Le mec qui lui avait refilé ça n'avait pas l'air très fiable ; un type tout guez, le visage sclérosé, un membre atrophié et une jambe de bois. Il respirait fort, avait les dents jaunes et sentait la fumée à quinze pieds. Le genre de gars qui part pas avec la faveur des pronostics. Mais bon, Gray avait pas réfléchi sur le coup. Et il avait bien fait, pour une fois. Ce truc détendait vachement.

Quelques petites heures passèrent, sans que Gray ne daigne bouger. Il observait les badauds passer ça et là, profitant du soleil qui frappait les murs en pierre lisse des maisons de bourges et les pavés de la Grande Place. Alors qu'il était occupé à mirer un couple de jeunes filles affriolantes, un vieil homme attira son attention. Le genre de vieux dont on oublie pas le visage. Couvert de cicatrices, usé par le temps qui passe. Une carrure encore impressionnante pour son âge, mais un regard en faire pâlir plus d'un : sec et glacial comme le blizzard de Frösön. Gray se redressa, observant la course de l'intriguant vieil homme. Elle le mena vers le parvis d'une vieille baraque bouffée par la mousse et aux pierres usées, juste au dessus de Gray. Le genre de baraque qui donne pas confiance, à laquelle on fait pas gaffe.


Pensif, scrutant l'horizon, le vioc s'accouda contre le garde fou, le vent fouettant son visage balafré.
Tout à coup, un type, sorti de nulle part, les fringues sales, la barbe mal rasée, l'interpella :


"Dites. Vous écouteriez l'histoire d'un vieil homme ?"

Attendant la réponse du vieil homme, Gray tendit l'oreille.

"J'suis sûrement plus vieux que toi. Mais là écoute, tout de suite maintenant, j'ai rien à faire."

C'est la réponse qu'il espérait. Curieux, il attendit la suite.

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Seymour Jenkins

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MessageSujet: Re: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   Mar 13 Nov - 16:29

Beaucoup plus agréable. La cité haute de Clavinia valait le coup d’œil. Des riches gens, et des personnalités à rencontrer. Ça sentait les affaires et l'argent, une odeur particulièrement familière à Seymour.
Les rues étaient déjà plus propres et il était presque satisfait de se promener ici.
Il avait mis pour l'occasion son plus bel habit ; une chemise noire à sa mesure avec dans le dos le blason de sa maison. Un triangle blanc avec un pin parasol sur une colline à l'intérieur. Il ne pensait pas que quelqu'un à Clavinia puisse reconnaître le symbole des Jenkins et puis, après tout, c'était sa seule chemise propre.

Mais ses efforts de présentation ne lui avaient servi à rien. Il avait trouvé la fameuse taverne dont Gray lui avait parlé dix jours plus tôt, mais elle était fermée pour la journée. Il s'était renseigné quelques heures sur qui entretenait le commerce ici. L'Excuse. C'était le seul nom qui revenait. L'Excuse. Quel drôle de nom. Une femme en plus. Si sa mère était proche du pouvoir, elle ne s'était jamais aventuré jusqu'à le toucher et s'en servir elle-même. Ce serait étrange de se retrouver face à elle car, les affaires après tout, ce sont les hommes qui s'en occupe le mieux non ? Prudence Seymour, prudence. Ici, les lois ne sont pas les mêmes que chez toi. La pensée diffère aussi. Il faudra que tu sois avare en parole. Évite d'être de la chair fraîche pour les requins qui baignent dans ces rues.

C'est dans ses pensées que Seymour vagabondait dans la ville haute, prêtant l'oreille par-ci, demandant son chemin par-là afin de commencer une conversation qui serait, avec un peu de chance, propice à le mettre sur une piste. Mais non, rien, à part un loup-garou qui se baladait. Que dalle. D'ailleurs, un loup-garou, c'est rien de plus qu'un gros chien. Il savait que ça existait mais il voyait mal un engin pareil rester discret dans des ruelles de moins de deux mètres de large.
Il arriva sur une place. Une sorte de promontoire rocheux d'où on distinguait la ville basse.
Mais Seymour distingua autre chose. Son frère. Gray était gentiment couché sous un arbre.

C'est comme ça que tu gère la crise petit frère ?
Mais quel empoté franchement ! Pas foutu de suivre ses directives. D'ailleurs qu'est-ce qu'il a loucher sur ce gars là-bas ? C'est pas avec ses fringues qu'il va nous aider, il doit être aussi paumé que nous.


Alors qu'il s'approchait de Gray, le vieux assis à côté d'un autre homme tourna légèrement son visage.
Choc. Il lui rappelait quelqu'un. Mais qui ? Il se fondit dans une masse de personnes qui regardait un étal. De fruit. Un commerce de fruit ? Faire venir des avocats seraient assez difficile d'autant plus que... Non mais arrête !
Qui était cet homme, il essayai de se rappeler mais rien ne venait. Si ce n'est ce regard glacial.
Attendons le prochain mouvement, ce n'est pas le moment de trébucher Seymour, vraiment pas...
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Tonton

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MessageSujet: Re: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   Jeu 15 Nov - 2:02

"Vous avez vraiment le temps ? Vous êtes sûr que je ne vous dérange pas ?"

Haussement d'épaule, sans autre forme d'acquiescement.

Alors qu'il vient de demander la parole, le type impose un long silence.
Après de longues minutes, Tonton quitte l'étreinte des flots pour chercher en vain son regard.
Faute de réaction, il demande son dû.

"Du coup ?"

Accoudé au garde-fou, les mains jointes caressant son front, le type donne comme l'impression de se recentrer. Bien que toute anxiété l'ai quitté, ce n'est pas de soulagement qu'il rayonne ; c'est de désespoir.
L'horizon est bien mort dans ses yeux délavés.
On peut sentir la langueur de son souffle, le temps interminable entre chacune de ses bouffées.

"C'est l'histoire d'un type... un type qui revient de loin, un type qui a tellement pensé à ce moment, le moment où il reviendrait ici, devant cette maison. Pour survivre, pour s'occuper... Il se disait qu'une fois ici, sur le palier, il aurait un on-ne-sait-quoi de mémorable à faire ; ou au moins à dire. Alors il est venu, et de très loin. Mais après tant de temps à trimer, usé par le voyage, il n'a envie qu'une seule envie : s'excuser, fondre en larmes... Il a envie de jurer parce qu'il n'a rien au rendez-vous."

Le souffle du vent, le passage des gens.
Le conteur conte doucement, ponctue ses phrases de mutismes déchirants.

"Il a rencontré sa femme ici, dans ce qui ne ressemble plus à grand chose, juste derrière-nous. Elle est morte, y a quelques mois de ça. Ils ne sont jamais revenus ici. Pourtant... Elle aurait aimé. Du fond du coeur. Lui aussi. Surtout lui."

L'affliction tire ses traits, lui arrache les dernières larmes de ses yeux ternes et secs.

"Il a comme... il a comme le coeur serré. Je crois. Il a mal. Quand il dit à haute voix qu'elle et tous les autres sont partis, il a mal. Il est sûrement le dernier. Il est le dernier qui se souvienne. C'est ça qui le déchire. Il n'a retrouvé personne à qui parler de ce temps, de ces bons moments passés ici. Comme si... comme si sa vie perdait son sens, maintenant que plus personne ne peut s'en souvenir avec lui ; maintenant que plus personne ne peut s'en souvenir pour lui. Ce n'est pas la vieillesse qui tue, vous savez. C'est l'oubli."

Un pénible sourire sans joie.

"Vous savez, fut un temps, et pendant longtemps, bien même avant nous, cette immense bâtisse était une auberge. Un relai, un comptoir, un abri ; un modeste foyer pour tant de monde. C'est là que les gens de passage passaient, justement... bien même avant Clavinia, le parasite qui rampe tout autour aujourd'hui. Notre type se souvient avoir été gamin ici, avoir bossé ici. Il se souvient même avoir été le patron pendant quelques années, avant qu'ils partent, lui et sa femme."

De ternes souvenirs qu'il porte en bandouillère, dont les flots s'échappent, s'échappent...

"C'était rien, c'était pas grand chose. Mais ça comptait pour lui. Et vous savez, les gens aujourd'hui, ils s'en foutent de ce genre d'affaires qui rapportent pas. Ce n'est venu à personne l'idée de retaper cette baraque, de reprendre le flambeau...
Notre type, il a passé tant de temps à donner du sien, ici. A faire de son mieux, sans flouer personne, avec tous ceux comme lui qui pensaient pareil.
"

Le récit reste en suspens, le type cherche avec quelle note ponctuer sa prestation. Il prend soin d'articuler chaque mot, d'y mettre l'émotion qui prévaut.

"Les hivers étaient froids, les nuits étaient froides ; mais chaudes dans les coeurs. Et cette chaleur, il n'a pas pu l'emmener avec lui. Tant bien même loin d'ici il avait autant de bois pour autant de feux qu'il voulait ; cette chaleur, elle est restée ici."

Le silence.
Un haussement d'épaule.
Un reniflement, atone.

"D'accord."

Le souffle du vent, le passage des gens.
Le conteur attend, froissé.
Il attend comme une autre réaction, une émotion... de la compassion.

"Je... je vous prie de m'excuser de vous avoir fait perdre votre temps."

Aucune réponse, sinon le souffle du vent, irrésistible. L'homme se redresse, inexpressif, et retourne sur ses pas.

"Tu sais, des gars comme lui, des passéistes, ton type il en a tout le tour du bide. Des gens débiles qui ruminent leurs conneries au lieu d'foutre quelque chose de leur vie. C'est juste qu'il a pas pris le temps de chercher, ce putain de mataf. Même s'il tombait devant comme maintenant, il serait même trop con pour les voir. Tu sais à ton type, dis-lui que l'passé c'est l'passé putain, dis-lui de se foutre ça dans le crâne. S'il est pas foutu de se le rentrer dans la tirelire, personne a besoin de lui."

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Dernière édition par Tonton le Mer 28 Nov - 18:43, édité 1 fois
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Gray Jenkins

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MessageSujet: Re: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   Lun 26 Nov - 21:31

L'oreille attentive, Gray se redressa sur son avant-bras pour ne rien rater de l'histoire du vieil homme.
Il respirait lentement, profondément. Son récit était triste, emplie de nostalgie, de regrets et de douleur. Cette douleur s'extirpa du vieillard, des larmes coulant sur ses joues.
C'était son histoire.
Une romance qui se termine mal. Un abandon, un déchirement.
Chaque mot semblait être un coup dans la poitrine, chaque pensée une brûlure, chaque souvenir un coup de fouet. Mais inéluctablement, ils sortaient, ces mots, le puits de ses mémoires se tarissant lentement.

Des larmes. Encore, toujours.

Dans un ultime reniflement, un ultime sanglot, le vieil homme termina son récit. Apaisé ? Gray n'en savait rien. Jamais il n'avait entendu d'histoire aussi triste. Se rallongeant, il attendit la réponse de l'homme au regard froid.
Un silence embarrassant s'installa. Le temps semblait s'être arrêté autour d'eux. Le vent soufflait doucement, caressait leurs visages, faisait vibrer les arbres. Le son d'une cloche au loin. Un frisson. Le silence.
Même Gray, qui n'était pas sensé être là, se sentait mal à l'aise au point qu'il avait envie d'intervenir d'une manière ou d'une autre. Comment rester insensible à une telle histoire ?
La réponse de l'Oeil glacial, fut plus froide encore que son regard :


« D'accord. Tu sais, des gars comme lui, des passéistes, ton type il en a tout le tour du bide. Des gens débiles qui ruminent leurs conneries au lieu d'foutre quelque chose de leur vie. C'est juste qu'il a pas pris le temps de chercher, ce putain de mataf. Même s'il tombait devant comme maintenant, il serait même trop con pour les voir. Tu sais à ton type, dis-lui que l'passé c'est l'passé putain, dis-lui de se foutre ça dans le crâne. S'il est pas foutu de se le rentrer dans la tirelire, personne a besoin de lui. »

Curieusement, Gray trouvait qu'il avait raison. Son histoire était triste, certes. Horrible même. Il était seul, face à ses souvenirs... Et cette baraque en ruine. Mais à quoi bon ruminer ? Pourquoi ne pas repartir de zéro, comme lui et Seymour l'avaient fait ? Tout est possible quand on se donne les moyens. Cependant, cet homme l'avait touché. Gray ne se l'expliquait pas. Il voulait l'aider, par n'importe quel moyen.
Il se releva et mira la vieille baraque miteuse. Elle l'inspirait... Profondément. Ce bâtiment avait une histoire, un passé riche et beau. Ces pierres effritées par le temps et l'air iodé ne demandait qu'à vivre à nouveau.

Cette maison serait leur point de départ, à lui et Seymour. Il n'en démordrai pas... Un jour, cette baraque arborera le blason des Jenkins !




Ambiance : Kavinsky - Nightcall.
College & Electric Youth - A Real Hero.
Bon Iver - Skinny Love.

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MessageSujet: Re: Tu ne t'en tireras à bons comptes que s'ils font les bons amis   

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