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 Chambre d'Ǽðřəδøņ

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Azemia

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MessageSujet: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mer 27 Juin - 21:56

[rp parallèle à [Loup-Garou] Inspection de la dernière scène de crime
[hrp : vous me dites si je fais bien?]

J'étais glacée jusqu'aux os, le corps secoué de spasmes incontrôlables. J’étais complètement désemparée, et seule. Si seule ! Dans une ville inconnue, dans une chambre inconnue, avec des gens inconnus, et une bête horrible qui vous déchiquetait les boyaux si vite qu’on n’avait pas eu le temps de cligner les yeux pour se rendre compte qu’elle vous prenait la vie. J’eus envie de disparaître, de me faire encore plus petite qu’une souris et juste oublier... Oublier tout. Je ne me souvenais même plus pourquoi j’étais partie de chez moi, pourquoi j’avais quitté la chaleur protectrice de ma famille...

J’avais même oublié qu’il y avait un humain dans cette pièce, mes sanglots résonnants à mes propres oreilles. Ses jurons me parvinrent atténués, comme dans un cauchemar lointain. Comme j’aimerai que ce ne soit qu’un cauchemar !! Comme j’aimerai me réveiller de cette atroce vérité ! Pitié, faites que je me réveille ! Faites que je me réveille !!
Je serrai mes points si forts que le sang coulait dans mes paumes. J’avais mal d’avoir si peur, la tête enfouie entre mes genoux, recroquevillée comme une enfant.

Alors que je ne m’y attendais pas, je sentis une main se poser sur une de mes cornes. Quelque chose de violent parcourut mes veines, comme une décharge électrique, un rejet de ce geste intime non désiré. Personne ne touche nos cornes. Tout le monde sait ça. Non pas qu’elles soient vraiment sensibles, mais est-ce qu’on touche vos oreilles, ou vos dents à vous humains... Nos cornes c’est pareil. C’est de l’ordre de la sphère privée. C’est à moi ! Mes poils se hérissèrent sur mes bras, et j’eus un mouvement de recul non contrôlé un peu trop vif. Ma tête heurta le mur derrière moi.

“Aïe”

La main continua son chemin pour trouver un terrain plus adapté, et la caresse m’apaisa. Chaude et rassurante, légère mais ferme, la pression sur mes cheveux m’apporta un peu de réconfort. Mes sanglots s’estompèrent doucement et même si la peur s’était tapie au creux de mon ventre, elle me laissa suffisamment tranquille pour que je recouvre mes esprits.

« Là chaton, ça va aller. Ne pleure pas. Tout ira bien. »

"Je n'en suis pas certaine... "

Finalement, je m’essuie les yeux d'un revers de manche. Mais le gros de mes larmes est passé et je reste là, prostrée et encore incapable de me relever, face à cet inconnu. Je ne trouve pas la force de le regarder, intimidée et honteuse de mon intrusion. Jamais je ne me suis conduite de la sorte, mais bon, la situation est exceptionnelle. Rien que d'imaginer la bête dehors j'en ai des frissons dans le dos.

"peut-être... peut-être qu'il faudrait fermer la fenêtre?" proposai-je timidement

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Ǽðřəδøņ
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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Jeu 12 Juil - 17:04

Du coup j’hésite, chaton ou plutôt biquette ? Pas évident de savoir. Tout ce que je sais c’est que c’est une jeune fille en détresse. C’est déjà pas mal.

Je ne vois pas grand chose de son visage, prostrée comme elle l’est dans un coin obscur de la pièce. C’est tout juste si je distingue sa silhouette. Je me souviens de sa légèreté lorsqu’elle s’est agrippée à ma main tendue, de sa souplesse de chat aussi. À défaut de la voir je me la dessine. Hop, hop, mon imagination comble les vides sous les cornes et les cheveux légèrement bouclés que je caresse avec mes doigts.
Elle est loin d’être vilaine en dessin cette petite tiefling.

Oui, bien sûr que je me suis renseigné. Depuis le temps. Disons que certaines mésaventures avec les femmes (encore elles) m’ont fait comprendre que les légendes urbaines n’ont rien à envier à nos contes du pays. Outre le fait que les rêves sont tout de même vachement plus violents et physiques que la normale, il y a même en période d’éveil des trucs sacrément étonnants. La preuve en est que pas mal de ces trucs étonnants sont en train de s’étonner mutuellement sous ma fenêtre.
À ce propos…

"peut-être... peut-être qu'il faudrait fermer la fenêtre?"

« C’est vrai qu’il commence à faire frais. »

Elle a peut-être raison aussi, c’est vrai. Mais pour ce que j’ai aperçu de loin, fermé ou pas fermé, est-ce que ça fait une grosse différence ? À part que mon invitée surprise du soir sera peut-être un peu rassurée.
C’est une différence suffisante.

De toute façon le spectacle doit déjà être terminé et il se fait tard, y a plus rien à voir. La preuve, je jette un coup d’œïl par la fenêtre et…
MJ a écrit:
Il avait bondit sur les toits (causant probablement une belle frayeur à certains spectateurs qui regardaient par la fenêtre à ce moment là) et n’avait eu aucun mal à rattraper le planqué.
… ferme aussi le volet par la même occasion !

Ouf, c’est bon, ok, voilà. Tout est fermé, tout va bien. Je n’ai rien vu. Rien. Inutile de paniquer encore plus mon chaton en lui disant que le loup est sur les toits. D’ailleurs, quel loup ? Jamais entendu parler. Y a pas de loup garou. Pas de garou ? Bah non, on a pas le niveau…
Inspire.
Expire.

Je me roulerai bien une petite tige moi.

« Bouge pas, je vais allum… »

Dans le noir maintenant complet, une grosse douleur dans la jambe m’indique que je viens de rencontrer quelque chose de très dur et très lourd qui m’accompagne au sol dans un fracas épouvantable.
J’avais oublié que ma chaise était si proche. Une chose est certaine, elle fait très très mal quand on cogne dedans, c’est du bon boulot je suis fier de moi. Je me sens tout à coup en communion spirituelle avec les mauvais clients du cabaret alors que je me roule par terre en tenant mon tibia à deux mains.

« Sangu la… per… porcu… cris… !!!! »

Impossible d’articuler correctement la moindre imprécation avec les dents serrés. C’est très agaçant.
Inspire.
Expire.

Maintenant j’ai vraiment besoin d’une petite tige.

« C’est rien, c’est rien. Juste le temps de retrouver ce briquet… »

A tâtons ça va être amusant tiens.

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Azemia

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Dim 15 Juil - 22:43

Je sens son regard sur moi avant d’accéder à ma supplique. Il va fermer cette fenêtre, geste inutile je le conçois, mais c’est plus fort que moi. Ce petit barrage, aussi mince soit-il, nous permettra peut-être d’être ignorés par le monstre canin. Je ne le regarde pas, je l’entends se rendre vers la fenêtre. J’entends à peine sa réponse, une histoire de température je crois, encore enfouie dans mon coin.

J’entends sa respiration qui change, saccadée, et un bruit sur le toit. Des pas lourd qui martèlent les tuiles avec vigueur, une odeur animale qui précède son passage fugace. Pour le coup je m’arrête de trembler d’un seul coup, pétrifiée telle une statue d’airain. Figée, j’attends et je guette. Serons-nous son prochain repas ? Cette fois, les yeux agrandis par la peur, je vois où je me suis réfugiée.

Je le vois se dépêcher de fermer fenêtre et volet, mais j’ai le temps de voir la petite table de bois, la chaise, un lit défait, la grosse armoire qui me cache à moitié, la porte donnant sur un escalier que je devinais. Un miroir accroché en face me renvoyait le reflet bestial du loup-garou, mais déjà l’apparition de terreur était partie, seule subsistait dans ma mémoire cette image pénétrante et persistante. Il nous plongea enfin dans le noir.

Un ou deux clignements de paupière plus tard, je discernais sans trop de difficulté les masses sombres que j’avais repérées précédemment. Je n’avais pas l’aisance de mes ainés, mais j’arrivais tout de même à me diriger sans heurt dans une totale obscurité. Et pour l’instant, j’y étais bien, rassurée par cette ambiance protectrice naturelle. L’homme vient de tomber, empêtré dans son mobilier, râlant.

« C’est rien, c’est rien. Juste le temps de retrouver ce briquet… »

Son angoisse et sa douleur sont presque palpables. Il faudrait peut-être que j’aille l’aider… Je ne sais pas. Je… J’ai un peu peur de sortir de là, de me rendre à découvert. Je tends un bras dans le vide mais le ramène contre mon cœur bien vite. J’avance un peu la tête prudente, l’odeur brute de la bête s’estompe, je me sens alors un peu mieux. Je vois bien qu’il fait des efforts pour me rassurer…

Je me relève sur mes jambes, encore flageolante, et me dirige sans difficulté majeure vers l’humain. Je m’accroupis et l’aide à se relever, le guidant avec des gestes doux.

« Est-ce que ça va aller ? »

Je le conduis jusqu’à son lit et l’aide à s’assoir. Puis je vais voir sur la table, il y a un drôle d’objet dessus. Je m’en saisis et le lui rapporte. Mince, j’ai déjà oublié qu’il ne me voit pas vraiment, et j’imagine qu’il ne m’entend pas non plus me déplacer, j’ai tendance à être discrète de nature. Ca l’aurait surement aidé à me localiser. Je lui attrape donc la main et la retourne, pour lui déposer le « briquet » dedans, avant de lui refermer les doigts dessus. Puis je recule prestement. Je regagne ainsi mon renfoncement et m’accroupis, entourant mes genoux de mes bras. Je l’observe avec curiosité.

« C’est cela un briquet ? »

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Ǽðřəδøņ
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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Sam 18 Aoû - 15:50

Saloperie de briquet, jouer les filles de l’air comme ça. Va voir de quel bois je me chauffe lui. Ah oui, il sait déjà.

Je suis très occupé à tâter à tâtons tâtonnants l’ensemble de la surface de mon parquet quand tout a coup je sens un souffle près de moi. Une douce odeur m’assaille les narines, quelque chose d’exotique… Épicé ? Poivré ? Soufré plutôt ? C’est tellement ténu, comme l’ombre du reflet de l’odeur d’un feu. Mais quel brasier !
Ce n’est pourtant pas mon briquet qui diffuse ce parfum, mais bien une personne vivante dont j'entends le souffle hésitant à quelques décimètres de mon oreille. Comment ne l’ai-je pas entendu arriver ? J’étais distrait, mais tout de même, cela ne me ressemble pas.

Des mains délicates se posent sur mon bras, m’invitant en douceur à me relever, puis me dirigeant avec sureté jusqu’à ce que je m’assois sur un support dont le moelleux confine à la perfection. Je reconnais instantanément mon matelas, unique entre tous, saint entre le saint de son espèce. C’est en tout cas ce que m’a affirmé Zeta, le vendeur de literie au nom à coucher dehors. Squornshellous qu’il s’appelle, rien que ça. Y a pas idée de faire des noms à la prononciation aussi hasardeuse.
Elle me dirige donc, dans le noir le plus complet.

Attend… Comment fait-elle s’il fait noir alors qu’elle ne connais pas l’agencement de ma chambre ?
Elle m'espionne ?
Je suis en train de rêver ?
Elle espionne mes rêves ? 
SANGU LA MADONNA ! Je sais ! Je suis aveugle !
Surement un pouvoir de ce mullizione di lupu ! Ou alors j’ai trop regarder le Soleil. En tout cas c’est terrible. Comment je vais faire mon boulot moi maintenant ? Hééé, mais c’est une idée ça, on ne fait pas travailler un handicapé. Mais c’est parfait ! Je vais pouvoir profiter amplement de ma sieste dès le matin ! Stop ! Comment diable vais-je savoir que c’est le matin maintenant ? Mais c’est terrible ! Je sais ! Je vais m’acheter un montre, en relief, comme ça je saurais toujours l’heure qu’il est. Mais c’est parfait ! Stop ! Je ne sais pas lire l’heure. Mais c’est terrible ! Je sais ! Je vais…

« C’est cela un briquet ? »

Une fine main viens de me glisser un objet au creux de la paume avant de s’enfuir jusqu’au coin de la pièce en compagnie de sa propriétaire.
Je sens entre mes doigts la douceurs familière du cuir polis par l’usage, l’étuits de mon briquet. Petit garnement, ou étais tu donc allé te fourrer ? Heureusement que la demoiselle était là pour te retrouver.

« Merci. »

Tout est là, la lame d’acier, le silex, l’amadou, trois allumettes de bois… il faudra que je recharge. Je prend un petit morceau de l’amadou, le tient avec mon pouce contre le silex, frappe avec la lame d’acier.
Et soudain tout s’éclaire dans une gerbe d’étincelles, avant de s’éteindre instantanément.

« Ah ! Je ne suis pas aveugle finalement. »

Elle va me prendre pour un fou. Bah…
Je réitère l’opération une seconde fois. Cette-fois ci une très faible lueur subsiste entre mes doigts, plus qu’à mettre le petit bout d’amadou enflamé sur une alumette. Plus facile à dire qu’à faire quand on ne voit strictement rien. D’ailleurs, où sont mes alumettes ?
La lueur s’éteind.

« Di merda… »

Troisième essai… une alumette à porté de main cette fois. Hop, que voilà une jolie flamme ! La chambre s’éclaire soudain d’une lueur chaude et vacillante, si fragile et pourtant si vivante et précieuse face à l’obscurité profonde de cette chambre silencieuse. Du coin de l’œil je la vois se reflèter dans des pupilles brillantes qui me fixent intensément depuis leur coin d’ombre.
Mais je n’ai pas le temps de m’y attarder, il faut que j’allume la chandelle. J’ai des chandelles moi d’ailleurs ?
La flamme meurt.

« … »

Calme, caaalme. Tu pourras te rouler une petite tige bien chargée tout à l’heure. Tu l’auras méritée de toute façon.
J’en viens à fantasmer sur la possibilité d’avoir une flamme qui s’allumerai directement dans la main. Je ne me plain pas, tout ce rituel est très décontractant et tout… mais là c’est juste chiant. C’est vrai quoi, quelqu’un pourrait prendre la peine de bricoler un truc pour accrocher le tout ensemble. Le silex qui tape le fusil pour enflammer l’amadou qui boute à son tour le feu une alumette… Un peu comme un pistolet, mais en plus utile. Avec un ressort, ça ne doit pas être compliqué. Pfff… tout faire soi-même ici.
La quatrième fois est la bonne, cette fois-ci la flamme s’installe et grandit sur la chandelle jusqu’à faire danser les ombres dans toute la pièce. Je peux voir des reflets rouges qui jouent dans les quelques mèches de cheveux qui dépassent du coin de l’armoire. Je me roule enfin le petit plaisir dont je commençais à vraiment avoir besoin et tout en faisant quelques ronds de fumé je tourne mon regard vers cette paire d’yeux qui ne m’a pas lâché une seconde sans pour autant troubler le silence une seule fois.

« Tu as perdu ta langue petit chat ? Tu sais le loup doit être loin à présent. S’il ne l’était pas, on entendrait surement des gens hurler. »

De terreur, ou bien en train de se faire dévorer vifs… Je vais peut-être pas lui dire ça.

« Je m’appelle… »

Heu… de toute façon de là où elle est elle ne verra rien sur mon médaillon. Essayons déjà de la sortir d’ici.

« On m’appele Lachaise, mais tu peux me donner un autre surnom si tu préfères. Tu as faim ? »

J’ai toujours pas de lait, mais je dois bien avoir un petit reste de charcuterie dans un placard…

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Azemia

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Dim 26 Aoû - 22:47

Je le regarde s'agiter avec son drôle d'objet. Je dirai même qu'il s'énerve en fait. Il doit manquer quelque chose. Je l'aiderai bien, mais je ne sais pas ce dont il s'agit, et tout à l'heure, j'ai eu de la chance de tomber sur le bon objet. Il répète plusieurs fois son geste avant d'obtenir du feu. J'en reste béate. Quel objet fascinant ! La flamme vacille, changeante, dansante, elle m'hypnotise et me rappelle la chaleur de mon foyer.... Instinctivement je ramène mes mains sur mes bras, et m'enserre ainsi. Il fait frais ici, et la peur que j'ai eu ne m'a pas aidé à me sentir bien. La sueur me colle à la peau, et l'air frais me donne des frissons. J'essaie de me concentrer sur la flamme qui ne s'éteint plus maintenant. C'est réconfortant.

Je remarque également que je ne comprends pas vraiment ce que dit cet humain. Une espèce de dialecte surement. Je sens dans le ton de sa voix étonnement puis soulagement, la pointe d'agacement s'en va doucement aussi. Ah!! Là j'imagine qu'il s'adresse à moi. Je détache difficilement mon regard du feu, et les repose sur lui. Petit chat ? humm... J'avais jamais encore été comparée à un chat, mais j'imagine que je dois en avoir la souplesse ? L'étonnement doit surement se lire sur mon visage, dans mon coin.

"Aodh"

Je marque un temps... Si je peux choisir, alors ça sera Aodh.

"Je t’appellerai ainsi. Ça veut dire "feu" de la où je viens."

Et il est mon premier réconfort, me rappelant mon chez moi sécurisant. C'est un prénom courant parmi mon peuple, enfin sur mon île en tout cas, mais ça, je ne le lui dis pas. Je suis encore prostrée dans mon coin, mais je commence à me sentir à l'étroit et engourdie, recroquevillée comme ça. Et maintenant qu'il le dit, oui, j'ai assez faim. Je n'ai rien mangé depuis le voyage, et les émotions ça creuse !

Finalement je m'extirpe sans trop de difficulté du coin, et m'étire de tout mon long.... Ah, ça vient peut-être de là, le "petit chat".

"Moi c'est Azémia.... Mais Az' ou... 'Mia' c'est possible aussi."

Je m'approche, un peu, mais pas trop. J'hésite. Je crois mes mains... Je ne sais pas trop qu'en faire, ni où aller. Je me mords la lèvre, un peu gênée et je jette un regard affolée aux alentours. La chaise est toujours renversée, et le lit est trop personnelle. Je suis une intruse après tout, même si les circonstances sont atténuantes ! Je n'ose pas m'imposer, ça c'est de famille. J'allais d'ailleurs refuser poliment le "repas", mais comme pour ajouter à mon mal-être, voila que mon estomac se met à se manifester. Je ne peux plus mentir.

"Je veux bien un petit quelque chose à grignoter, merci."

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Ven 14 Sep - 20:54

Feu… feu… d’accord je veux bien, mais faudrait voir à ne pas m’enterrer trop vite non plus. En tout cas va pour Aodh, l’intonation me plait. Et on ne fait pas toujours preuve d’autant d’imagination pour me nommer. La preuve : on m’appelle Lachaise.

Elle s’étire enfin hors de sa cachette. Je pense que j’ai marqué un point avec mon joli chaton. La curiosité c’était bien, mais l’appel du ventre amadoue même les plus farouches. Suffisamment pour qu’elle se révèle un peu.
Mais pas trop quand même, elle s’immobilise là, à à peine un pas de sa cachette. J’ai bien l’impression qu’elle pourrait y disparaître à nouveau si je n’y prend pas garde. Heureusement que j’ai capté l’attention de son estomac vide, sinon je marcherai sur des œufs. Le grondement qu’il émet m’arrache d’ailleurs un sourire amusé. C’est trop mignon.

« Mia, c’est parfait pour un petit chat, non ? »

Vraiment dommage que je n’aie pas de lait…
En fait je n’ai pas grand chose à se mettre sous la dent ici. Il faut dire que c’est ma chambre, mon refuge de calme propice à l’exaltation du sommeil. L’activité que je pratique donc le plus régulièrement ici est… est… oui, dormir. L’écart n’est pas aussi net que je le souhaiterais. Pour tout ce qui est du reste de mes activités, elles se passent au cabaret la plupart du temps. J’y peux y acheter de tout, profiter du décor et y faire des rencontres intéressantes. Je vais quand même regarder ce que j’ai dans mes placards, il me reste surement du ravitaillement du pays bien de chez-nous autres les vrais gens d’ici.

« Tu peux t’assoir où tu veux. »

Genre, sur ma ch… humph, on est pas encore assez intimes pour ça. Il ne faudrait pas bruler les étapes non plus. Je flanque deux oreillers par terre, voilà.

« Ici, par exemple. »

Je m’approche de l’armoire.
Je tend la main vers la porte des fromages.
Je regarde la chandelle.
Je regarde la porte.
Je regarde la chandelle.
Je retire ma main et me frotte un sourcil.
Il y a des expériences qui marquent.

Bon, ce sera uniquement derrière la porte charcuterie et biscuits. C’est bien aussi. Arrosé d’un petit vin de muscat léger et plein de soleil, de toute façon j’ai que ça.

J’attrappe ma chaise et lui fait faire un saut périlleux entre mes mains pour la poser délicatement entre les deux coussins. Ma fidèle chaise, toujours prête à faire office de table lors des grandes occasions. Elle est parfaite.

J’y dispose mon dernier quart de lonzu, un demi figatellu, un bol en terre cuite plein de canistrelli à la farine de châtaigne et deux verres en bois. J’ai bien fait d’avoir la flemme de virer l’intégralité du vaisselier de la petite vieille qui occupait les lieux avant… finalement.
Petite touche finale : la chandelle au milieu.

« Aaah, magnificu. »

Je m’assoie sur un des coussins et inspire une bonne bouffée de fumée décontractante que je souffle en rond de fumée sur le côté. J’éteins finalement le foyer sur le rebord métallique de ma chaise, il ne faut pas tout mélanger, je finirais de fumer après manger. Mon couteau jaillit de ma poche.

« C’est frugal, mais ça devra suffire pour le moment. »

Je la regarde avec un air qui se veut interrogateur et accueillant, va-t-elle accepter de s’assoir avec moi ? Elle ne veux peut-être pas que je lui offre tout ça par pitié ? Et beaucoup plus important…

« C’est bien ce que tu manges ? »

Non parce que s’il faut des braises, des âmes damnées ou des cœurs d’enfant, ça risque de prendre plus de temps.


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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Sam 15 Sep - 22:31

*Mia-ouh*

Je ne sais pas pourquoi, ça vient de faire tilt. Il va vraiment croire que je suis un chat ! Je me retiens de rire à ce qu'il vient de me passer par la tête. Mais Mia j'aime bien. Mieux que Az mais personne ne le sait, et très peu l'utilise. Tout le monde utilise Az', c'est rapide, spontané, franc.... Mia, c'est plein de douceur, de tendresse, je trouve que ca me correspond plus. Il faut que je fasse attention, je vais finir mièvre à ce rythme ! Je souris à mon interlocuteur pour le conforter dans son choix. Et je le regarde faire.

Il jette avec aisance sa chaise qui a l'air de peser pourtant une tonne. Pour le coup, je le regarde avec étonnement. Il n'en a pas l'air, mais il cache bien son jeu. je ne l'imaginais pas aussi fort et habile. Je devrais plus me méfier des gens chez qui je m'incruste. Je prends alors quelques secondes pour vraiment l'observer, mais non, je ne trouve rien d'inquiétant. Et voila qu'en deux trois mouvements, un petit coin repas était aménagé. C'est ingénieux et prévenant. Il a trouvé comment m'inviter à m'assoir finalement.

"C'est juste.... parfait".

En quelques pas discret et silencieux, me voila à genoux, les mains sur mes cuisses, reposant gracieusement sur un des coussins face à lui. C'est vraiment une jolie attention d'avoir mis la chandelle au centre. Cela me réconforte toujours autant. Si je ne me retenais pas, je tenterai de toucher la flamme, par jeu, pour voir si ça brûle, comme les enfants. C'était d'ailleurs un jeu que j'aimais bien faire enfant.... et encore parfois maintenant. Par curiosité, pour voir si la rumeur qui courrait chez mon peuple était vrai, si nous étions réellement capable de supporter les flammes, ce qui nous valait parfois quelques amalgames avec des histoires de démon, de feu de l'enfer et autres élucubrations étranges.... Je me suis d'ailleurs souvent brûlée, oh des petites brûlures de rien du tout, mais..... Voila que mon ventre se rappelle à moi.

Finalement, la nourriture déposée devant nous semble me parler, m'interpeller, me supplier de la manger ! un peu plus d'une journée que je n'ai rien eu à manger ou à boire, les cales étaient vides à notre arrivée dans le bateau qui nous a conduit à Clavinia, et vu que je chapardai les restes jetés pour me nourrir... Mes mains s'en crispent. C'est difficile de me retenir, j'essaie de garder contenance, mais j'avoue... Je me jetterai bien dessus sans plus de politesse. Je suis sur que je dois avoir des yeux agrandis par l'envie, et je m'en pince les lèvres pour éviter d'y passer ma langue ! Dur dur, je vois l'éclat de la lame du couteau luire, telle un signe béni des Dieux.

"c'est le meilleur repas que je vais faire depuis 3 semaines ! Je n'en pouvais plus des ragouts informes du bateau qui m'a amené."

S'il te plait, coupe m'en un morceau.... S'il te plait.... Vite vite.... J'en salive rien qu'à regarder ces quelques victuailles. J'en gémis d'impatience, et de douleur. Et quand je m'en rends compte, je sursaute, comme prise sur le fait. A tous les coups je suis encore rouge pivoine. Quelle honte. Ce n'est pas un chat que j'aimerai être, mais une souris à l'heure actuelle ! J'en baisse la tête et je regarde mes mains serrées. Je n'ose plus parler et encore moins bouger, de peur de me trahir.


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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Jeu 27 Sep - 10:16

« C'est juste.... parfait. »

Mmh, je crois qu’on va s’entendre. Quelqu’un qui trouve que quelques produits de mon pays disposés sur ma chaise constituent quelque chose s’approchant de la perfection ne peut-être qu’une personne bien. Elle me plait, cette petite.

Je la regarde s’approcher, à pas de velours, puis s’assoir sur l’oreiller. Elle ne se met pas en tailleur comme moi, mais à genou, les mains sagement reposées sur ses cuisses, regardant avec des grands yeux la nourriture déposée devant-elle. Je ne peux pas m’empêcher de sourire à cette attitude, sa manière de bouger, de s’assoir, d’ouvrir de grands yeux affamés… si ce n’est pas un grand chaton efflanqué que j’ai laissé entrer chez moi, je ne sais pas ce que c’est. Je m’attend presque à l’entendre miauler quand elle ouvre la bouche pour parler.

Le meilleur repas qu’elle va manger depuis 3 semaines ? Mais enfin, comment peut-on nourrir une aussi mignonne petite bestiole avec de la pâtée infâme pendant tant de temps ? Ne faut-il pas avoir de cœur ? Pauvre petite chose.
*Ne t’en fais pas Mia, si ça ne tiens qu’à moi tu auras du poisson, de la crème et même du mou si ça te fais plaisir. Ǽðřəδøņ va bien s’occuper de toi…*
Hum, ça sonnait un peu pervers sur la fin, considérant que c’est plutôt une jolie jeune fille qui attend sagement devant moi. D’ailleurs, quelque chose cloche. Elle reste immobile, laçant un regard suppliant sur la nourriture, ses mains crispées. Elle gémi même doucement, voilà donc que j’ai mon miaulement cette-fois.

Pourquoi ne sort-elle pas son couteau ? J’ai bien dit que je lui offrait le repas non ? Qu’est-ce qui ne va pas, j’ai oublié quelque chose ? Je suis vraiment perplexe, ses mains sont vides, elle ne se tendent pas vers le lonzu, ou le figatellu bien que ses yeux les parcourent intensément. Se pourrait-il… qu’elle n’ai pas de… Non, c’est impossible. Tout le monde en a un. C’est même le minimum vital, d’ailleurs ne dit-on pas de quelqu’un qui part démunis qu’il n’a que sa… Oooh, ah bah oui, c’est logique. Mais c’est pas du tout pratique ça ! Les femmes… faut vraiment tout leur prêter.

Bon, réfléchissons pour trouver le meilleur moyen d’aborder ce problème. Jusqu’ici j’ai vu qu’elle s’effrayait comme un chaton, se cachait comme un chaton, voyait dans le noir comme un chaton, me regardait comme un chaton, se prénommait comme un chaton, se déplaçait comme un chaton, s’asseyait comme un chaton. L’évidence me saute aux yeux maintenant.
Je découpe une fine tranche de lonzu, je coupe celle-ci en quatre, obtenant des morceaux de la taille d’une bouchée, puis j’en saisi un et, sans geste brusque, le tend directement sous son nez, à quelque centimètres de ses lèvres.

« Fais "aah". »

Je lui souris gentiment en continuant de proposer le morceau à sa bouche.

« Si tu as faim il faut manger. Je peux te donner la becquée si tu préfère, mais ça va prendre plus de temps. »

J’attends qu’elle se décide à prendre le morceau d’une manière où d’une autre avant de me reporter sur les maigres réserves qui nous servent de victuailles cette nuit. Prêt à lui découper et lui servir tout ce qu’elle demandera, de la manière qui lui plaira le plus.

« Tu veux quoi ? »

Je ne vais pas me plaindre, elle est craquante cette petite.

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mer 3 Oct - 22:38

Il a un regard gentil, des manières gentilles, si bien qu’il endort mes dernières réserves. Un dernier frisson me parcourt en pensant au loup qui rode toujours, mais voila, l’appel de l’estomac est le plus fort. Je sens l’arôme qui émane de l’espèce de jambon, m’envahissant comme une douce promesse. Alors qu’il me tend un morceau, l’agitant sous mon nez comme un appât, je le saisis avec vivacité mais précision entre mes dents.

Je ferme un instant mes yeux, savourant ce morceau de viande fumé. Le goût est aussi prometteur que le fumet. Subtil, vif, salé. Et je me laisse aller à sa dégustation, à tel point que le poids qui me pesait sur les épaules s’allègent un peu. Je me sens mieux, j’arrive à respirer plus amplement. Et je peux lui répondre enfin.

« Je vais me débrouiller merci.»

La becquée. J’ai peut-être l’air d’un oisillon tombé du nid. Mais je ne suis pas si fragile, mince… enfin je ne crois pas. Je n’en suis plus si sur toutefois avec ce qu’on a vu tout à l’heure. Finalement, il faut bien que je me l’avoue, mais j’apprécie ce rôle de chaton dans lequel il me cantonne. Ce côté prévenant et protecteur, c’est très rassurant. Je crois que j’ai eu de la veine dans mon malheur en arrivant à Clavinia. J’aurais pu plus mal tombée j’imagine. Bon du coup, toute cette gentillesse gratuite, ça me met un peu mal à l’aise. Disons que je n’ose pas forcément le regarder dans les yeux, c’est intimidant. Mais je me détends tout de même, et je sens cette raideur dans ma posture et dans ma nuque s’éclipser tout doucement.

« Je veux bien goûter de tout si c’est possible. »

En le regardant couper la nourriture avec habilité, je me rends compte que je suis vraiment partie comme une voleuse. Je n’ai rien à moi, pas une seule affaire de mon île. Pas de souvenirs, pas de bagages, pas de couteau. Rien d’utile, rien d’inutile non plus. Juste moi. Moi et moi seule. Face au reste du monde. C’est quand même angoissant vu comme ça. Non non nononononon. Voila que ça me reprend, cette montée de larmes intempestives. Azémia, il faut te contrôler un peu. Trop émotive, trop émotive ! J’inspire plus lentement, et expire de la même façon…

« Aodh, est-ce que je peux dormir ici cette nuit ? »

C’est sorti tout seul, mais c’était si évident, comme la solution à ma crise d’angoisse en devenir. La pour le coup, mes yeux vrillent les siens, mais je ne peux m’empêcher de me mordre la lèvre inférieure devant mon effronterie. Une vague d’inquiétude m’enveloppe, et j’espère qu’il n’est pas très attentif pour un humain ou qu’il a des yeux de mauvaises constitutions, parce que je me sens rougir jusqu’aux oreilles.

*silteplait silteplait silteplait…. Ne me mets pas dehors avant qu’il ne fasse jour !*

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Jeu 11 Oct - 2:01

*Gourmande.*

Je me fais un plaisir de couper quelque tranches dans les produits de salaison. Ils embaument l’atmosphère d’un parfum de viande et de sel qui se mêle à l’odeur douceâtre de la cire en train de se consumer. La flamme de la petite chandelle danse à chacun de mes mouvements et fait jouer les ombres en tout sens dans la pièce et les reflets rouges de la peau de Mia.
Je prend alors un instant, laissant mes mains s’activer, pour me rendre compte de la situation. Nous sommes en pleine nuit, à une heure où tout honnête homme se devrait de dormir depuis un moment. J’ai récupéré ce chaton paniqué à ma fenêtre de manière totalement imprévue et nous voilà tous deux autour d’une chandelle à partager une collation. Ce n’est pas quelque chose que je ferai toutes les nuits (mais je sais me méfier à force de ce que réservent les nuits des urbains). Je ne dirais pas que je ne me sens pas fatigué, mais j’ai oublié un instant que si les bruyants passages des patrouilles improvisées ne m’avaient pas dérangées je serait sagement blottit dans les bras de Morphée à l’heure qu’il est. Bras où je compte bien retourner maintenant que les patrouilleurs sont m…

« Aodh, est-ce que je peux dormir ici cette nuit ? »

Je lève soudain les yeux du verre que je suis en train de remplir. Elle est là, juste devant moi, ses yeux brillants rivés aux miens, ses dents nacrées mordant la pulpe de sa lèvre dans une mimique sensuelle, son visage flamboyant dans la lumière de la bougie… Glpz…

Mais enfin ! Que pensais-tu abrutit ? Que c’était vraiment une chatte ? Qu’elle allait repartir par la fenêtre une fois repue ? Se rouler en boule sur un oreiller avant de décamper au petit jour ?
Tout à coup je me rend compte que ce n’est pas juste un mignon petit être perdu et terrorisé que j’ai accueilli, mais aussi une jolie fille, d’un exotisme rare. Pareil à un de ces djinn des îles désertiques au sud du monde dont parlait ce vieux loup de mer l’autre fois au cabaret. Des êtres rougeoyants qui dansent dans les flammes et tentent le voyageur imprudent de les rejoindre.
Et comme si je m’étais fait prendre à ce jeu…

Pchhhhh…
Ça c’est le bruit que ferait dans un monde un peu plus expressif le vin qui vient de se renverser sur mon pantalon. À un endroit bien placé. Au moins cela me débloque et m’éclaircis les idées. Je respire à nouveau.

« Oups… Tiens, ça va te donner soif. »

Je repose le verre de son côté de ma chaise et je prend le temps de l’observer un instant avec plus de détachement. Un mignon petit être perdu et terrorisé… C’est bien ce qu’elle est au fond, à peine plus à l’aise, à peine détendue. Et cet air de supplication au fond des yeux…
D’un revers de main je frotte l’endroit humide sur mon vêtement, comme si ça allait arranger quoi que ce soit. Il est juste bon à laver. J’arrête bien vite ce mouvement qui s’avère assez gênant. Il faut que je lui dise oui, non ou mierda, mais que je ne la laisse pas poireauter comme ça pendant une plombe.
Encore que… ça me plait bien qu’elle me supplie.

*Aller, dis lui !
Direct : "Comment est-ce que tu penses pouvoir me payer la nuit ?"
Plus subtil : "Je veux bien mais, il va falloir être plus convaincante." -clin d’œil égrillard-
Prévenant : "Dors avec moi, nous nous réconforterons l’un l’autre."
Menaçant : "Bon, maintenant tu suces ou tu dégages !"
Urbain : "Eh mademoiselle, sans déconner fait pas ta pute !"
Légionnaire : "Tu me rappelles ma dernière conquête, beauté."

Je vais pas toutes les faire, y a suffisamment de choix.*


« Bien sûr que tu peux dormir ici cette nuit, je ne vais pas te remettre dehors de force ! Déjà que tu as vu le loup de prêt…
Tant que tu ne prends pas trop de place dans le lit en tout cas. »


J’aurais au moins pu la torturer un peu avant d’accepter… je t’en foutrait des mignons petits êtres terrorisés que j’accueille aussi facilement. Elle titille chez moi un aspect grand-frère que je n’ai jamais vraiment daigné revêtir jusqu’ici. Pas certain que ça me plaise.

« Tu n’as nulle part où aller, pas vrai ? »

Je la regarde, elle ne mange pas. Et mine de rien l’heure tourne pendant ce temps.

« Mange. On en parlera après. »

Je l’accompagne, pour l’encourager à manger plutôt que par fringale. Je me sens fatigué. Trop de bordel ce soir. Une bonne nuit de sommeil remettrait rapidement de l’ordre dans tout ça…

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mar 30 Oct - 10:49

J’attends. J’attends ce qu’il me parait être une éternité. L’anxiété doit se lire sur mon visage car je crois que je lui communique mon stress. Je gère encore assez mal mes émotions. Il parait que sur le continent, il y a une expression pour ça, lire comme dans un livre ouvert. Je n’ai jamais compris, mais je crois que c’est mauvais pour un tiefling. Je baisse finalement les yeux, plus humblement, lui laissant le loisir de réfléchir à sa réponse sans sentir le poids de mon angoisse à travers mon regard. Je sais comme être fixée peut-être déstabilisant… Un peu comme maintenant à l’inverse. Il me regarde avec un drôle d’air. Mi-surpris… mi-prédateur ? Inquiète, je relève les yeux en réfléchissant à cela. J’ai du me tromper quelque part, mais où…

A ce moment là, maladroit, il renversa sa boisson. Perdue dans mes pensées je n’ai pas eu le temps de rattraper l’inclinaison de la bouteille. J’aurai pu, je suis assez rapide, mais pour le coup, complètement inattentive. J’ai l’esprit empoisonné par la peur, l’attente, et l’espérance. Mauvais mélange. Très mauvais mélange. Et mauvais timing, ma main ne rencontre que du vide alors qu’il a déjà relevé son erreur. Je me retrouve comme une idiote, penchée en avant, alors qu’il n’y a plus rien à faire. J’ai même failli me brûler, le bras au dessus de la flamme.

« Oups… Tiens, ça va te donner soif. »

Il a le mérite d’avoir du tact sans s’en rendre compte. Il m’offre une porte de sortie à ma conduite ridicule. Ma main en l’air, je la redirige subitement vers le verre qu’il vient de me déposer. Et mes yeux glissent inconsciemment vers la tâche foncée… Mal placée. J’écarquille des yeux ronds comme des billes lorsque sa main s’égare carrément. Je ne pense même pas à le remercier pour le verre, j’enfouis finalement juste mes mains devant moi, dans le coussin, et baisse franchement la tête vers le bas. Je sens l’orange me monter aux joues et comme un frisson me remonter l'échine. Finalement, je ne sais pas si je ne me sens pas encore plus vulnérable ici. Quel comble ! Je n’ose plus rien dire. Heureusement c’est lui qui reprend la parole.

« Bien sûr que tu peux dormir ici cette nuit, je ne vais pas te remettre dehors de force ! Déjà que tu as vu le loup de prêt…
Tant que tu ne prends pas trop de place dans le lit en tout cas. »


Oh non, je n’ai jamais pris beaucoup de place. Et puis, et puis…. J’hoche simplement la tête. Je me ferais toute petite, promis. J’ai l’impression que je dérange tout de même. J’hésite encore, mais tout courage s’enfuit en repensant à ce loup dehors. Mes épaules s’affaissent un peu. Mais je vois bien que ce n’est pas pour lui plaire non plus. *Je ne vais pas te mettre dehors de force…. Mais si tu pouvais choisir de sortir de toi-même…* Mais je ne peux pas ! Je n’y arrive tout simplement pas. Ca me redonne envie de pleurer. Je n’aime pas déranger, je l’ai mis en porte-à-faux. Et… je ne lui laisse finalement guère le choix.

« Je suis désolée de m’imposer comme ça… Je me ferai la plus petite possible. »

« Tu n’as nulle part où aller, pas vrai ? »

« Non, je ne connais personne, je suis arrivée dans cette ville… cette nuit. »

Je n’ai pas envie qu’il s’apitoie sur mon sort. Je l’ai choisi, je l’ai donc mérité. Mais ce n’est tout de même pas de bol d’arriver dans un endroit lorsqu’une bête aussi terrible arpente les rues. J’ai tout de même de la chance d’avoir trouvé cette main secourable dans mon malheur. Il m’arrache soudain à mes pensées.

« Mange. On en parlera après. »

J’ai l’appétit coupé à vrai dire. Trop d’émotions en si peu de temps. Je me suis habituée à me contenter de peu de toute manière. Il m’a déjà offert un superbe encas. Je prends tout de même le temps de manger encore un peu et de finir ce qu’il m’a gentiment proposé. Et finalement je bois ce qu’il m’a servi d’une traite sans me méfier, pour étancher ma soif. Je manque de m’étrangler sous la surprise. Ca pique et ça brûle. Heureusement c’est passager comme sensation, mais ça surprend ! Je le regarde comme pour le sonder sur l’origine de cette boisson. Je n’en ai jamais bu de telle. Cela dit, nous étions déjà content chez moi, de trouver de l’eau avec les températures élevées de l’archipel. Un jour nous avions réussi à amasser assez de fruits pour faire du jus, mais c’était rare, et nous n’en voyions pas forcément l’utilité. Cette boisson me fait un drôle d’effet.

« Je n’ai plus faim. Je te remercie. Mais je me sens un peu fatiguée à vrai dire. »

Le voyage, plus toutes ces frayeurs, plus cette boisson…

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Lun 19 Nov - 11:37

Innocente.

Mais alors innocente… ça doit être maladif à ce point là. Et puis craintive aussi…

J’avais réussi à la détendre et à la mettre en confiance avec ma charcuterie et là j’ai presque l’impression d’avoir fait un pas en arrière. Retour au petit chaton effrayé, penaud, qui fait presque peine à voir. Plus elle essaye de se faire petite et moins j’ai l’impression que j’arrive à quelque chose. Il y a un truc qu’elle a dut manquer dans ma réponse, ou bien c’est moi qui ai merdé.

*Hmph, bien fait de pas m’écouter, elle serait repartie aussi sec sangloter dans son coin…*

Non mais elle s’étouffe même sur mon vin ! Un petit vin léger de rien du tout, c’est pas normal, il est bouchonné ? Je le goûte à mon tour, doux et fuité, légèrement sucré en début de bouche, s’il n’étais pas fermenté ce serait un excellent jus de raisin. Soit elle n’aime pas le raisin, soit elle n’a jamais bu d’alcool.
Je ne rêve pas, c’est vraiment une maladie à ce point là.

« Tu as quel âge ? »

C’est sortit tout seul. Je n’arrive pas à le croire car elle ne me paraît pas si jeune. Ce n’est plus une enfant, elle a ses formes là où il faut, c’est une jeune femme. Peut-être une toute jeune femme alors, mais j’ai du mal à concevoir qu’elle puisse débarquer ce soir et sembler aussi… ballotée en tout sens, naïve, ignorante. On dirait un nouveau né tombé du ciel.
Par ma fenêtre évidemment.
J’ai envie de lui dire de laisser tomber, que ce n’est pas important. Mais bon, je suis fatigué, il faut que je me concentre de toute mes forces pour réussir à ordonner à mes jambes de se tendre pour me soulever de l’oreiller. Il est tard, très tard, j’ai assez vu de bizarreries pour la soirée. Suffisamment pour la semaine dirai-je mais j’ai des semaines très chargées. Je range salaisons et vin. Pas les biscuits que je pose sur la table avec le sentiment qu’ils attireront peut-être une demoiselle affamée. Un noble sacrifice pour protéger mon futur sommeil matinal.

Un long soupir, très looong soupir plus tard.
Je n’ai pas envie de finir mon herbe en fait. Juste envie de me coucher, dormir. Je regarde à nouveau ma petite protégée. Non elle ne prendra pas de place, pour ça je lui fais confiance. Si jeune et innocente, si pure, si… vicieusement attirante. Une fille comme ça, dans cette ville de débauche et de perversions ? Elle est comme une colombe au milieu d’un champ de charbon : immaculée, mais pour combien de temps ? Et dire que je suis le premier à avoir le privilège de l’accueillir, encore resplendissante d’une blancheur que nul n’a jamais touché, des grands yeux naïfs pour voir avec surprise ce que le monde a à lui montrer, des oreilles encore vierges de ce que la vie a à lui apprendre. Une gamine en somme.
Mon corps réagit au moins autant à sa délicate silhouette qu’à ces pensées malsaines…
Bon, au dodo.

Je ramasse mon oreiller et m’apprête à enfiler ma tenue de nuit (ce qui correspond donc à enlever celle de jour et puis basta) quand tout à coup une légère notion de tact ralentit mon empressement. Je pose ma chemise sur ma chaise (elle est aussi parfaitement étudiée pour y étendre mes vêtements, l’avais-je déjà mentionné ?) avant de l’avertir.

« Tu as raison, c’est plus que l’heure. Tu y vois suffisamment bien dans le noir pour t’en sortir je pense et… moi je ne verrais rien. Donc fais comme chez toi à partir du moment où j’éteins. D’accord Mia ? »

Voilà, c’est dit. Je pense que j’ai été suffisamment explicite cette fois. Peut-être… Bref, c’est plus l’heure d’ergoter. Je souffle la bougie, me retourne vaguement et retire mon pantalon. Non, je ne vais pas jusqu’à le garder pour la pureté de ses beaux yeux et salir mes draps douillet avec un pantalon inconfortablement humide. De toute façon elle a déjà vu le loup ce soir, un gros. Alors là elle devrais quand même y survivre.

Une fois mon pantalon plié et posé sur ma chase aussi, je baille et me glisse sous la couette. Hmm, quel plaisir sans cesse renouvelé que de se glisser dans ce cocon voluptueux de douceur et bientôt de chaleur.

Plaisir que je vais devoir partager. Je dresse l’oreille à l’affut de ce qui se passe dans la pièce. Déplacements d’air, frottement de tissus, coussinets glissant sur le plancher ? J’attends…

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mar 20 Nov - 13:24

« Tu as quel âge ? »

La surprise me fait ouvrir la bouche. Puis je la referme aussi sec. J’hésite. Je ne sais pas vraiment comment je dois le prendre à vrai dire. Est-ce une question qui attend vraiment une réponse ? Je n’ai pas l’impression, car il se lève déjà pour commencer à tout ranger. Néanmoins, je tente tout de même de situer mon âge. Surement de la curiosité. Mais ce n’est pas simple. Mon âge ne veut rien dire aux yeux des humains, et à peine plus aux yeux d’autres tiefling. Chez moi, on compte… enfin pour ceux qui savent compter, en éruptions volcaniques. Donc ça varie en fonction des îles où nous sommes nés. Bref, le nombre ne veut rien dire. C’est juste un repère personnel.

« J’ai vu environ 60 éruptions volcaniques…. Je dirai que ça doit correspondre à environ 40 ou 45 années humaines… Mais notre enfance est plus longue, tout comme notre âge mûr… »

Et vivant en autarcie, les règles étaient très strictes, tout autant que les distractions étaient rares, nous prenions notre temps pour apprendre et vivre. C’était bien pour ça que j’étais partie. Je m’ennuyai à mourir. Et là, je n’en avais encore pas eu le temps. J’étais éreintée pour toute cette nouveauté. Chez moi tout était simple en comparaison. Je l’entendis soupirer à se fendre l’âme. Je devais vraiment l’ennuyer, je n’étais pas une personne douée de conversations. Je n’étais même pas drôle. Ma sœur avait ses qualités. Moi j’en étais dénuée. Je n’avais pas cette aisance. Trop sensible, trop délicate.

Je fuis le regard qu’il me lance après son soupir et me lève aussi, ramassant de même le coussin sur lequel j’étais à genoux. J’attends un peu, le laissant évoluer dans sa chambre et serrant à deux mains le morceau de tissu et de plumes.


« Tu as raison, c’est plus que l’heure. Tu y vois suffisamment bien dans le noir pour t’en sortir je pense et… moi je ne verrais rien. Donc fais comme chez toi à partir du moment où j’éteins. D’accord Mia ? »

J’ai à peine le temps d’hocher la tête ou de répondre qu’il a déjà soufflé la flamme réconfortante de la bougie. Mais cela se passe de réponses je crois. Voila qui est dit. La nuit m’appartient. Je me sens subitement plus à l’aise, de me savoir à couvert. Je pourrai évoluer à ma guise. Mais je respecte son hospitalité et ne m’éloigne pas vraiment. Il manque se cogner, même s’il ne s’en rend pas compte. Moins gênée par sa nudité que par son regard, je l’observe se dévêtir pour regagner le lit. Je touche ma corne à l’endroit où il avait posé ses mains un peu plus tôt, moins apeurée que précédemment et me demandant si c’était vraiment moi qui provoquait cette réaction de désir. Mes joues me brûlèrent et je fus rassurée de savoir qu’il ne me voyait pas.

Bon… et maintenant ? Je regarde un peu mieux autour de moi, fronçant par moment les sourcils pour m’aider à me concentrer. Un broc d’eau qui traîne, surement pour boire. Parfait. Je m’y glisse silencieusement et me fait une rapide toilette de chat à l’aide de cette eau. Vraiment rapide. Mais j’avais besoin d’un coup d’eau fraîche sur le visage pour le coup. Puis je me rapproche du lit. Je l’observe un instant, pensive. Je m’observe aussi. Mince… Et moi je dors comment au final ? Je me rends alors seulement compte que je vais devoir partager le lit avec un homme nu que je ne connais pas et qui… qui quoi ? Ne me rends pas insensible avec toutes ses attentions, je m’en mords la lèvre inférieure et reviens à la réalité. Je n’ai rien pour me changer. Mais la couette a l’air si douce… Sa peau si chaude… que j’en ai encore plus froid dehors. Dommage qu’il n’y ai pas plus de volcans en ce bas monde.

Je fais finalement glisser au sol tunique et ceinture, retire collant et pantalon, abandonnant ainsi cette odeur de sel marin qui me collait à la peau. Je dégrafe également le bandeau qui m’enserre la poitrine et repose précautionneusement les espèces de bottillons qui me servent de chausses. Je m’étire de tout mon long, savourant ma liberté de mouvements. Puis j’hésite un instant, et remets la tunique fluide par-dessus mes épaules nues afin de me glisser sans plus tarder sous la couette. Ca ira bien pour une nuit. Doucement je m’approche. J’avais promis de me faire toute petite. J’avais promis. Je suis sur qu’il va m’en vouloir. Je vais me retrouver par terre dans le froid dans un accès d’humeur… Je pose une main, que j’espère, pas trop glacée sur son bras, et vient jusqu’à me blottir contre lui. On verra bien si le sol est dur. Un soupir m’échappe alors, à mi-chemin entre l’apaisement et le bâillement.


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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mer 5 Déc - 4:35

Je pourrais me faire à ce jeux.

Je ferme les yeux, détendu, prêt à m’endormir d’une seconde à l’autre et tout à coup les sons environnant semblent comme amplifiés. J’ai conscience du silence dans la pièce, du bruit de ma respiration qui masque celui, léger comme une plume du souffle de Mia.
C’est ce petit instant de conscience qui précède l’endormissement. Souvent, à l’heure de la sieste, je m’assoupit au concert des cigares, mes oreilles détaillants chaque variation de thème avant que le sommeil m’emporte d’un coup. Bon, c’est moins poétique quand ce sont les discussions des poivrots qui servent de cadre musical… mais on s’y fait.

Cependant, pour une fois j’ai quelque chose digne d’être écouté. La curiosité lutte contre le sommeil. Un combat épique (et pique et colégram), mais je n’ai pas le temps de m’y intéresser.

Frottements sur le plancher. Légers craquements. C’est tellement discret que je pourrais presque penser que ce sont les bruits normaux de mes vieilles boiseries rendues noueuses par le temps.
Des clapotis se font entendre en direction de la table. Je me représente ma visiteuse là où elle est dans ma chambre, je l’imagine en devinant ce qu’elle fait. Un petit rafraichissement ? Des bruits de gouttelettes glissant entre les doigts me font penser à une toilette sommaire. C’est sympa comme jeu, manque plus qu’un moyen de savoir si j’ai gagné.

*Putain, elle est plus vieille que moi quand même.*

Long à la détente, j’ai l’excuse de l’horaire. Pour le coup j’ai du mal à la croire. Et puis quelle est cette histoire d’éruptions ? Les montagnes qui explosent là ? Parce que ce ne sont pas de simples contes pour enfant peut-être ? Des filles qui sucent le sang, des veaux bipèdes parlants, des loups géants, des ours blancs… tout ça je veux bien. Mais il ne faudrait pas non plus pousser la doyenne dans le maquis.
Au final, cette questions spontanée, balancée sans réelle conviction m’apporte plus que questions que de réponses. Une enfance plus longue… je vois ça oui, sont du genre à prendre leur temps. Mais après tout qui suis-je pour critiquer cette façon de faire ? Moi qui suit à un âge où on aurait déjà du me passer la corde autour des cou-… du cou, avec famille plan plan et gamins en surnombre. Et en plus il faudrait travailler. Gneuh.

C’est un bruit métallique qui me tire de mes pensées. Trop occupé à ruminer, j’ai perdu le fil de mon écoute. Et voilà, je ne sais plus ou j’en suis.
Des froissements de vêtements. Des frottements qui invoquent immédiatement une image dans mon esprit, celle du tissu glissant doucement sur la peau nue. Rien qui n’arrange mon état actuel, ça va être pratique pour dormir.

Je commence à me demander ce qu’elle fait quand elle se glisse enfin sous la couette du côté que je n’occupe pas. Avoir un grand lit c’est bien. À deux c’est mieux, tout seul c’est parfait. À trois on est un peu serré par contre…
Le jeu est fini, on va pouvoir dormir. Bonne nuit.

… Sauf si le petit chaton tente une approche timide. Hum. Oui et ?
Elle fini par poser une mains fraiche sur mon bras et, enhardie, colle son petit corps contre moi. Ça va devenir gênant dans moins de cinq secondes. Laisse moi dormir, c’est pas l’heure de faire des câlins. Je suis même pas sûr que tu te rende compte du problème que tu es en train d’attiser. Non, je n’ai pas l’intention de te déniaiser sur le sujet maintenant, reviens aux horaires d’ouverture.

Je m’apprête à lui dire de me laisser de l’air mais sont petit soupir de contentement ensommeillé m’en empêche. Comment résister à un truc aussi mignon ? Sérieusement, elle doit le faire exprès.

Une minute passe, rien ne bouge. Je me sens un peu plus détendu. Après tout, ce chaton là ne risque pas trop de laisser des poils dans mes couvertures. Je pivote vers elle légèrement et tend un bras (celui auquel elle n’est pas accrochée). La crispation qui la saisi me tire un sourire en coin. Encore complètement flippée, à ce stade là elle croit que je vais lui faire quoi franchement ?

Je tire un peu la couette sur nous deux avant de poser la main sur son flanc. Un moyen de refermer le cocon qui commence à être bien chaud.

« Grmphnuit Mia. »

Et salut Morphée.

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Azemia

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Sam 22 Déc - 19:26

J’ai bien dormi. C’était moelleux et confortable. Le duvet, mais les bras protecteurs qui m’entouraient y étaient surement pour quelque chose. Je n’ai pas osé bouger beaucoup pour ne pas déranger, mais blottie contre son corps chaud, c’était vraiment réconfortant. Moi qui me sentait abandonnée et seule en arrivant, cette présence simple et rassurante m’a réchauffé le cœur. Je me suis réveillée avant lui. Doucement, sans le réveiller, je m’extirpai délicatement du lit, rabattant rapidement le duvet pour éviter qu’un courant d’air glacé ne vienne l’assaillir.

Il faisait encore nuit, le soleil ne s’était pas levé. J’ai mangé les petits gâteaux laissés à mon attention. Je l’ai regardé dormir, il avait l’air si paisible. Mais je ne voulais pas le déranger plus longtemps, j’aurais bien le temps de trouver comment le remercier. Car je me sentais redevable. Il avait su m’accueillir dans ce moment de faiblesse. Il avait été prévenant et gentil, alors que je n’avais qu’une faible confiance aux humains. Voila qui me ferait surement revoir mon jugement à leur égard. C’était, malgré les évènements tragiques, un réconfort immense. Je replaçais l’une de ses mèches qui avait glissée, observant cet instant d’abandon comme un cadeau.

Puis je fis un petit brin de rangement. J’avais mis de l’eau par terre la veille au soir, dans ma hâte. J’essuyai avec ma manche. Je remis un peu d’ordre, soignais ma tenue et mes cheveux dans le reflet de la fenêtre, et ouvrit enfin celle-ci. Je me tournais vers celui qui m’avait surement sauvée d’une mort certaine ce soir là et lui lança, sachant pertinemment qu’il n’entendrait pas :

« Merci. »
et comme une promesse à mes oreilles : « A bientôt. »

Non pas un au revoir ou un adieu, mais un à bientôt qui résonnait comme une prochaine visite, sans date précise, mais comme un cadeau d’un prochain jour.
Agile, je sautai sur le toit, et en quelques bonds bien placés, je regagnai le toit d’en face, observant cette petite lucarne de paix dans cette ville agitée. La grande vie de Clavinia me tendait les bras, et j’avais assez d’assurance maintenant pour l’affronter…

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Azemia

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Sam 2 Fév - 23:44

[après être engagée par Jezabel, avant le départ en mission]

J’allais partir en mer…. L’idée me fit frissonner des pieds à la tête autant d’excitation que de peur. Je n’avais pas repris de bateau depuis mon échappée clandestine de mon archipel. Une boule d’angoisse me monta à la gorge et je sentis mes yeux me picoter comme si les larmes voulaient s’échapper. Je me mordis la langue pour ne rien laisser paraître. Et me força à ravaler mon stress et mon sang. Je respirai un grand coup et m’obligea à souffler le plus lentement possible. J’allais partir. Partir en mission. Et quand rentrerai-je ? Est-ce que j’aurai changé ? Est-ce que je vais rentrer seulement ? J’en frissonnai. Il ne fallait pas que je pense à cela. Mais tout de même, c’était un risque possible. J’eus alors envie de le revoir.

J’avais fui un matin en sous-entendant que j’allais revenir. Il me manquait. Sa chaleur et la douceur de sa peau aussi, le confort de cette petite pièce rassurante également. Et j’avais envie de lui dire au revoir, surtout que finalement, je ne sais pas si après j’aurai encore cette chance et le courage de le faire. En était déjà la preuve, la boule d’émotions grandissante dans mon ventre. Il avait été mon premier refuge, et avec mes péripéties auprès de Nabi-Laq, je n’avais pu honorer ma parole. Je crois qu’il était plus que temps.

Je retrouvai sans difficulté le chemin jusqu’à la fenêtre de toit. En quelques sauts, je fus devant le carreau. Ma main en coupe me permit de vérifier que je ne dérangeai pas et lorsque je vis qu’il était seul, je frappai doucement pour prévenir de mon arrivée. Délicatement, je poussai le rebord de la fenêtre qui était restée entrouverte et je me faufilai à l’intérieur, goutant avec émotion le souvenir apaisant que me procurait cette visite impromptue. Mais mes pensées galopantes me rattrapèrent bien vite et me voila soudain à douter. Se souvient-il seulement de moi ? Et si je n’étais pas la bienvenue ?

« Bonjour. J’espère que je ne dérange pas ? »

Je le regarde, attentive au moindre signe. Attendant avec une impatience presque palpable de voir quelle réaction il aurait. Si j’avais peu changé physiquement, mon allure devait être tout autre par contre avec un peu plus d’assurance… quoique je perde encore facilement mes moyens, surtout dans ce genre de situation délicate. J’avais les doigts un peu crispé sur le cadeau que j’apportai. Je m’approchai finalement et le lui tendit, un peu gauche.

« Je voulais te faire un présent, j’espère qu’il te plaira. »

Un plaid un peu duveteux dans des tons marron chaud.

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MessageSujet: Re: Chambre d'Ǽðřəδøņ    Mer 6 Fév - 23:44

Quel foutoir !

Un bordel impossible. Depuis un moment ça n’arrête pas. Le Continent par-ci, les Grands Pirates par-là… Tout le monde jacasse, s’affaire, cherche capitaine cherchant matelot, noue des accords, fait des stocks. Je préférais le coup du loup-garou tiens. Il faisait chier la nuit mais au moins le jour les gens étaient au calme. On murmurait comme il se doit, on n’avait pas le cœur à marchander ni à se chamailler. Et puis je finissais plus tôt !
Je ne reviens pas de la vitesse avec laquelle la ville est sortie de sa torpeur. Elle faisait la siesta ! Tranquillu ! Et là ça y est c’est la festa, on s’y croit ! M’emmerdent. Satanés pirates. Aller crever sur le Continent s’ils veulent, mais d’une manière moins fatigante à regarder.

*C’est du goût de La Patronne. Si c’est bon pour La Patronne, c’est bon pour toi.*

C’est vrai qu’elle est de bien meilleure humeur. De retour à la joueuse que je commence à bien connaître. En fait, tout le monde va mieux. Lili a retrouvé son public et ses parties de chasses, les jumelles sont plus électriques que jamais…
Et moi j’ai ma propre médecine.

« Fffffffffhhhhhhh »

D’arrondies et dansantes volutes montent au plafond. De légères et éphémères circonvolutions trainent dans les airs, rampant doucement vers la fenêtre entrouverte. J’ai laissé mon travail en plan. Fatigué de m’user les yeux sur des petites pièces de cuivre et ressorts de fer à la lueur de la bougie. Demain est un autre jour. Après-demain aussi. J’ai le temps, rien ne presse, mais c’est frustrant. Je sens que je tiens quelque chose… la pierre, la lame d’acier. Le combustible, c’est le combustible qui fait défaut, trouver un moyen de faire tenir l’amadou. Ou bien trouver autre chose qui brûle.

Toc, toc.

Mais oui ! Bien sûr ! Toc, toc et le tour est joué !
Heu… non… attend. Non, rien à voir. Pourquoi toc, toc alors ?

La silhouette qui atterrit dans un son feutré face à moi répond à ma question. Je fronce les sourcils et me redresse doucement sur ma chaise. Qui…

« Bonjour. J’espère que je ne dérange pas ? »

Dans un vacillement de flamme, la lueur de la bougie reflète le rouge de ses cheveux tout en révélant dans une ombre grossie et déformée le contour de ses cornes contre le mur qui me fait face.

*Oh, ce n’est que toi, Belzébuth.*

Je déconne, je n’oublierais pas facilement cette voix. Même si elle a à présent un ton moins plaintif, plus teinté d’assurance. Mon estomac se serre légèrement à ce souvenir. Alors donc mon Chaton de gouttière n’était pas mort. Plutôt une bonne nouvelle.
Je fini de souffler une bouffée de fumée et me redresse tout à fait lorsqu’elle approche et me temps quelque chose. Je n’écoute qu’à peine et attrape prestement son poignet.
Chaud, menu et vivant. Réel.

Sans la quitter des yeux je pose mon herbe en ignition dans un récipient sur la table. Ma main sur son poignet se fait douce et redescend ses doigts jusqu’à l’objet qu’elle me tend. Hum ? Pour moi ?

« Merci Mia. »

Je touche l’étoffe et la fait jouer entre mes doigts. Douce et molletonneuse. Ça coûte cher ça.

« Tu es en retard. C’est très difficile à conserver le lait, tu sais. »

Je me lève alors et lui souris en résistant à l’envie de caresser ses cheveux et son visage comme je le ferai à un vrai chaton. Ou pas… malgré moi, mes doigts attrapent une de ses boucles rebelles.

« Tu as faim ? »

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