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 L'est pas frais mon cochon ?!

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Nathanaël
Retardataire acharné
Nathanaël

Messages : 51
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MessageSujet: L'est pas frais mon cochon ?!   Mar 21 Fév - 22:14

[Suite de C'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur ! ]

Se hissant entre les toitures de la ville, le soleil entamait sa course, chassant peu à peu la fraîcheur de la nuit. La rosée du matin, imprégnant les vêtements du môme, le faisait frissonner légèrement.
Dans la rue, quelques vendeurs ronchons se rendaient au marché au rythme des grincements de leurs charrettes remplies de produits.

Cela faisait quelques heures qu’il était planté là, devant les portes d’un entrepôt d’où se dégageait une odeur singulière, le ramenant à une époque qui lui semblait lointaine après tout les événements vécus depuis sa fuite du continent.

Tirant de longues bouffées sur le rouleau d’herbe coincé entre ses lèvres, adossé à la façade de brique d’un bâtiment, Nathanaël observait des hommes s’affairant à charger un chariot avec des pièces de viande. Il avait nerveusement attendu, dissimulé dans l’ombre de l’entrepôt, que le portail s’ouvre sur ce qu’il avait imaginé pour s’occuper l’esprit : l’intérieur de l’abattoir.

Le mégot s’écrasa au sol tandis qu’il se décida, après une longue considération des ouvriers, à aller parler à la personne semblant donner les ordres. Réajustant une fois de plus le devant de sa chemise, passant une énième fois une main dans ses cheveux, il se dirigea vers l’individu.
Un bonhomme dans la force de l’âge, avec un certain embonpoint et à la mine patibulaire se tenait à présent devant lui, le tablier de cuir criblé de tâches sombres dont Nathanaël ne connaissait que trop bien la provenance.
Spoiler:
 
Se raclant la gorge pour attirer son attention, le gosse lui adressa la parole avant qu’il ne puisse faire de commentaire :
 «…S’cusez moi M’sieur, est-ce que ça vous intéresserait des bras en plus pour vot’établissement ? J’connais le métier, j’ai travaillé dans un abattoir avant d’atterrir à Clavinia, alors si vous me donniez une chance d’vous prouvez ma valeur… Vous l’regretterez pas, juré !»

Ce discours, le môme venait de le répéter mécaniquement. Il l’avait marmonné pendant toute son attente, pour être sûr de ne pas se risquer de perdre ses moyens arrivé devant l’éventuel embaucheur.

L’homme le jaugea d’un regard austère ; Nathanaël avait pris soin d’abandonner ses guenilles pour ses nouveaux vêtements achetés quelques semaines plus tôt, et aussi de se débarrasser de l’odeur de crasse en faisant une bonne toilette qui l’avait glacé jusqu’au sang.
Bref, le mouflet avait à présent l’allure d’un jeune homme lambda, si ce n’est la présence du couperet dans sa protection de cuir qui pendait sagement à sa ceinture, chose qui attira l’intérêt du maître boucher un bref instant. Mais ce dernier fit mine de le repousser de sa paluche en rétorquant :
« Des bras ça ? Des brindilles ouais ! J’ai pas l’temps d’avoir un gamin dans les pattes, r’viens me voir quand t’auras un peu plus de poil au torse, tu veux ! On exerce un métier sérieux ici, on n’est pas là pour garder les chiards des autres. »

À ces paroles, Nathanaël serra la mâchoire à s’en faire crisser les dents, une expression fugace de haine passa sur son visage avant qu’il ne se reprenne.
*Respire. Retiens-toi de répliquer. T’es là pour le boulot, ferme là le temps d’le persuader…*

Alors que l’homme lui avait déjà tourné le dos, le môme lui répliqua d’un ton cinglant :
« 'Scusez moi d’insister, M’sieur, mais j’me dois d’répèter : j’ai sept années d’expérience derrière moi, j’ai pas besoin d’avoir quelqu’un pour m’chaperonner, alors si vous pouviez…» 
L’homme corpulent lui coupa la parole en tournant vers lui d’un regard condescendant :

« … Ecoute petit, j’en ai déjà vu des dizaines de jeunes paumés dans ton genre qui viennent mander du travail pour rapporter l’sous à leur vieilles mères, alors tes salades j’y crois pas. Crois bien que j’compatis, mais j’ai assez d’gens sur les bras comme ça, donc tu vires tes miches de là sans faire d’histoire, pigé ? »

Nathanaël enrageait de l’intérieur, réprimant son envie d’accabler ce type d’injures plus grossières les unes que les autres ; il serrait tellement les poings que ses phalanges en avaient blanchies.
Il se planta résolument devant le boucher, un air de défi éclairant ses yeux de bronze :
« Vous m’croyez incapable ?! Testez-moi donc avant de me traiter de blanc bec !
J’suis prêt à parier mon couperet que j’peux vous découper s’que vous voulez avec autant de dextérité qu’le plus habile de vos hommes ! »

« Rah, t’es aussi collant qu’un morpion au cul d’une putain toi, hein ! … On va faire ça alors : si tu t’crois si malin, j’vais t’mettre à l’épreuve… Mais si t’échoue, je me ferai un plaisir de botter les fesses hors d’ici tellement fort que tu pourras plus t’asseoir pendant plusieurs jours ! »
Nathanaël n’avait pas bronché, ses yeux soutenant le regard avec tout l’aplomb dont il était capable.

« Allez ! Suis-moi ! » grommela-t-il avant de s’enfoncer dans l’abattoir.
Le gamin lui avait à peine emboîté le pas en examinant la disposition des locaux que l’homme apostrophait déjà un travailleur.

 « Henri ! Viens là, j’ai un truc à causer avec toi, tu vas m’rendre un p’tit service ! »
S’approchant du dénommé Henri, le maître boucher entama une conversation en aparté qui, compte tenu des expressions qui se lisait sur le visage l’ouvrier, n’annonçait rien de bon pour notre gosse au caractère bien trempé. Revenu devant lui, on l’emmena jusqu’aux ateliers où on le fit patienter.

En voyant enfin arriver le journalier précédemment rencontré avec le cadavre d’un porc dans une brouette, il comprit que quelque chose clochait au vu du tissu qui lui bâillonnait la partie inférieure du visage. Le maître boucher lui-même sortit un tissu de sa poche qu’il renifla fortement avant de s’adresser à Nathanaël :
« Voilà ton boulot : j’veux que tu m’sortes 3 abats différents. Fais-moi ça si tu t’en crois capable ! T’as jusqu’à s’qu’on finisse de charger.»
Le gamin jura intérieurement en croisant le regard goguenard de son évaluateur. Il ferma un instant les yeux pour se concentrer, puis sans un regard il s’adressa à son entourage.

« Bien. Filez-moi un tablier… S’vous plait. »
On lui en fournit un qui lui tombait aux chaussures. Il s’arnacha rapidement avec, remonta ses manches, puis fouilla dans ses poches. Il en ressortit des bourres de tabac qu’il compacta en deux masses avant de s’en obstruer les narines. Pendant qu'il affûtait les différents couteaux mis à sa disposition, le rictus qu’arborait le maître boucher commençait à se décomposer.

[Hrp]La suite est en spoiler pour ceux qui n'aimeraient pas rentrer dans les détails...[/Hrp]
Spoiler:
 

Quand il se retourna pour tendre les abats fraîchement extirpés au maître, celui-ci réprima une grimace de dépit derrière son mouchoir.
L'opération avait duré moins d'un quart d'heure, le môme ayant agi sans hésitation malgré l'épreuve à surmonter.
« … C'est bon, vire moi ça de sous mon pif, tu veux. Henri va te montrer où jeter ce merdier... Et où trouver de quoi récurer s'te partie de la pièce, à commencer par toi. »

Nathanaël puait la mort à n'en point douter, mais c'était le cadet de ses soucis. Il se contenta d'afficher un rictus satisfait quand le patron lui tourna le dos.

« Tu commences demain. » entendit-il grommeler.

[RP ouvert à venir...]

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Connaissances = Déchiffrage : 1
Agilité = Souplesse : 2
Alimentation = Cuisine : 2
Corps à corps (Couperet) = Base offensive : 3 / Parade : 2
Physique = Endurance : 2 / Saut et course : 1

Autres = Résistance aux Maladies : 2

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Nathanaël
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Nathanaël

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Lun 5 Mar - 1:13

La saison hivernale avait gagné la région, et apportait avec elle un temps qui devenait de plus en plus rude.
Encore plus rude pour un sale môme qui se tenait éloigné des foyers, chaleureux et crépitant, autour desquels le commun des mortels avait le bon sens de se rassembler.

Grâce à son travail chez l’équarrisseur, le mioche avait pu s’armer contre la saison du froid. Avec son salaire à l’emporte pièce, il s’était enfin fourni des frusques plus couvrantes : gants miteux, pull en grosse maille de laine, sacoche de toile pour transporter son bardas supplémentaire… Et en comptant minutieusement les pièces qu’il mettait de côté, il avait même dégoté des chaussures dans lesquels le vent du Nord ne s’infiltrait pas.

Cela faisait bien plusieurs mois qu'il pouvait ainsi contenter ses besoins, malgré quelques altercations sur son nouveau lieu de travail.
Oui, à leur grand dam, des employés avaient essayé de sympathiser avec ce petit, mais après que l'un d'entre eux ai failli se faire éventrer parce qu'il lui avait amicalement tapé dans le dos, les tentatives cessèrent immédiatement. Et à l'inverse, l'inimitié que l'on portait à cet arriviste se fit de plus en plus palpable.

La raison pour laquelle le patron ne l'avait toujours pas viré, c'était grâce à la qualité de son travail, et à la vitesse à laquelle il le faisait.
Le travail à la chaîne ayant formé le gosse à un rythme soutenu dénué de gestes superflus, et l'esclavage à ne pas se plaindre des horaires supplémentaires, Nathanaël était devenu un employé 'modèle'.
Et vu que le patron payait tout cela à moindre coût, il n'allait tout de même pas renvoyer à la rue celui qui augmentait son revenu !
... Sûrement une des autres raisons pour laquelle les autres ouvriers regardaient d'un mauvais œil le gamin.
La cadence qu'il imposait n'annonçait rien de bon sur le bien fondé de leur place au sein de l'entreprise, excepté pour ce qui était de la vente des pièces...
Car s'il y avait bien une chose que Nathanaël refusait de faire, c'était prendre part à la vente qui se tenait dans la rue marchande. Il aidait de temps à autre à la mise en place, mais repartait dès qu'il en avait l'occasion, au petit matin.
Les superstitions dans ce genre de ville au mille et une histoires allant bon train, des rumeurs avaient même commencées autour de cet énergumène maussade.

Tiens d'ailleurs, il suffit de tendre l'oreille :
« Mais si j'te dis ! T'as vu sa gueule ? Teint pâle, trait tiré comme s'il manquait d'quequ'chose ! 'Pis cette manie de travailler qu'à des heures où les poules dorment hein ? C'est pas net j'te dis ! »

« Je sais ouais, mais quand même, de là à croire que c'est un 'nocturne'... » lâcha un deuxième sur le ton de la confidence.

« Et qu'est-ce que t'en fait du mépris qu'il nous porte ? La preuve qu'il est pas d'notre monde non ? »

« Moi ce qui me turlupine le plus, ajouta un troisième, c'est que c'est encore un gosse, tu vois. Un môme qui manie les couteaux aussi bien que nous, ça s'pas normal ! Qu'est-ce qu'il vient faire ici ? Prendre not'place ? Franchement ça m'plait pas ! »

« Quoiqu'il en soit, y a pas d'preuves de toute manières. »

« … Y a qu'à en créer . » suggéra le premier en haussant les épaules.

[°°°]
L’intéressé était en train de vérifier le bon maintien du chargement quand il vit trois de ses collègues arriver.

« Heh, gamin... Y a l'patron qui a une urgence pour toi : Faudrait qu'tu remplaces quelqu'un ce matin. Tu sais, pour s'occuper de la devanture... »

Le gamin fronça un sourcil, les regardant d'un air mauvais :

« … Vous vous foutez de moi ? Il sait très bien que... Nom d'un lépreux pendu, dites lui qu'il peut aller s'brosser ! Je r'viendrais pas sur mes conditions de travail… S'il a changé d'avis, qu'il vienne me voir... Seul ! » fit-il nerveusement en essayant de se dégager du cercle qui s'était fait autour de lui.

« … Alors c'était vrai s'qu'on dit, hein ? Le patron te laisse aller et venir selon ton bon plaisir c'est ça ? Quelque part j'ai plus du tout envie d'être sympa avec un type dans ton genre... Allez les gars, plan B : on l'embarque avec nous ! »


Ouh, ça sentait mauvais... Très mauvais. Le gamin avait senti l'embrouille arriver mais ses confrères semblaient avoir mieux prévu leur coup.
« ...Qu'est-ce que vous faites ? M'approchez pas ! »

À peine le gosse avait-il sorti son couperet qu'un de ses opposants lui asséna un coup de pied dans le poignet, envoyant l'outil valser sur le pavé.
«  'ME TOUCHEZ PAS BANDE DE CLOPORTES PURULANTS!
LÂCHEZ MOI OU J'VOUS CRÈVE TOUS!! »

Le gosse ruait autant qu'il hurlait comme un dément. Envoyant des coups à l'aveuglette qui provoquaient leur lot de jurons, il eut le temps de mettre à mal ses agresseurs jusqu'à ce que l''un d'eux veuille faire taire ses hurlements.
« AaaH ! Il m'a mordu !! CE PETIT SALOPARD M'A MORDU JUSQU'AU SANG!! J'vous l'avais dit bon dieu d'merde !
Tenez moi bien cette enflure !!! »


Courbaturé et maintenu en respect par une main qui s'était refermé sur sa tignasse, Nathanaël ne put empêcher un sourire amer étirer ses lèvres quand il vit du coin de l’œil le coup arriver.
Si cela lui rappelait le bon vieux temps de l'usine, un élément manquait à l'appel.
Ou plutôt, quelqu'un... Et cela changeait totalement la donne.
À présent, il était seul contre cette brutalité ambiante. Seul contre tout cette vermine qui essayait de l'engloutir dans leur tourbillon de cruauté.
Et rien ni personne ne viendrait faire rempart à cette pluie de violences...
Nathanaël se résigna à attendre la fin de l'averse.

[Hrp/ :] La scène se passe en matinée, la carriole cache la scène aux autres employés de l'abattoir. La rue est plutôt déserte et les seuls passants ont mieux à faire que de se mêler d'un lynchage en règle.
Libre à votre personnage de venir y assister en terminant tranquillement son petit déjeuner, d'aimablement en souffler un mot aux autres employés ou encore de surprendre tout le monde, moi y compris ;)
[/Hrp]

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Dernière édition par Nathanaël le Lun 12 Mar - 15:16, édité 2 fois
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Nialcen

Nialcen

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Mer 7 Mar - 1:30

Et le gaillard au teint rougeaud qui menaçait le gamin acheva son geste au sol, jurant comme un charretier. La jambe droite de son pantalon arborait un accrocs de belle taille, et la jambe droite de son anatomie un accrocs de même proportion. D'aucun diraient que son tibia pissait le sang, mais c'est un rien vulgaire, non ?
Bref, il gigotait comme un beau diable, laissant échapper assez de sang pour colorer le pavé d'un joli filet de sang. Je constate que certains se demandent : " Mais que c'est il passé crénom ?!". Pour comprendre, il faut revenir quelque minutes en arrière.

Nialcen marchait dans la rue, dans la direction qu'on lui avait "gracieusement" indiqué. Il était encore de méchante humeur, bien que suffisamment calmé par les renseignements glanés pour que les passants ne subissent les foudres du fossoyeur fulminant... Cela n’empêcha toutefois pas la majorité d'entre eux de s'en détourner autant que la largeur de la rue le leur permettait : l'allure déjà peu avenante du vieil homme n'était pas améliorée par le rictus mauvais qu'affichait sa trogne.

"LÂCHEZ MOI OU J'VOUS CRÈVE TOUS!!"

La voix de gosse contrastait avec le ton et le choix de mot plus typique de la maturité d'un adulte. Le vieux fossoyeur tiqua tant aux propos qui préfigurait à pas mal de boulot pour lui, qu'à la promesse que portaient les paroles, à n'en pas douter.
Le vieux fossoyeur bifurqua , en se dirigeant dans la direction d'où provenait la voix.

"CE PETIT SALOPARD M'A MORDU JUSQU'AU SANG!!"

LES voix donc. Visiblement le gamin qui chantait d'aussi doux propos devait avoir faim. Lorsque la scène apparue aux yeux de Nialcen, le sang de ce dernier ne fit qu'un tour. Plusieurs hommes à l’allure rustre s'en prenaient au gamin.
Et le vieux n'appréciait pas ça. Du tout. Pas de bol pour le gus qui faisait mine de vouloir amocher le visage du petit, il tournait le dos au fossoyeur qui venait de découvrir la scène.

Histoire d’illustrer un chouilla, tentez de torturer un ourson déjà blessé face à ses géniteurs. Vous visualisez ? Bien. Et bien la, pareil. Non pas que Nialcen soit un ours, n'est ce pas, ni qu'il aima les gosses d'ailleurs, mais c'était d'ordre moral. On touche pas un gosse. En aucun cas.
Si ses précédentes rencontres l’avaient découvert d'une humeur massacrante au figuré, cette fois il aurait fallu prendre l'expression au pied de la lettre.

L'homme poursuivait son geste, laissant deviner un pas nécessaire pour porter son coup à bonne puissance, au regard de la courte distance le séparant de sa victime. Alors que les quelques crétins observaient presque religieusement le lynchage à venir, Nialcen eut le temps de franchir la distance le séparant du bourreau en puissance. L’assemblé de tortionnaire n'avaient eut la clairvoyance de regarder autre chose que la scène de violence qu'ils encadraient.

Nialcen plaça l'extrémité métallique de son instrument de travail entre les tibias soutenant celui qui avait la véhémence de malmener l'enfant. Le bruit du tissus se déchirant se mêla symphoniquement à ceux de la peau craquant et du métal raclant l'os.
L'homme, emporté par son élan, n'avait pu que sentir la morsure de l'acier terreux et rouillé contre son tibia, l’entraînant inéluctablement au sol, la gravité faisant son œuvre.

L’estropié gueulait donc insanités et râlait de douleur, comme je vous le spécifiais au début (faut suivre).

Nialcen posa sa pelle devant lui, et s'appuya sur l'outil, contemplant l'homme dont il venait d’abîmer le pantalon. Il releva les yeux, avant de les poser sur les hommes présent. Il acheva son étude par celui qui maintenait le gamin à la mine aussi lugubre que la sienne.

* R'garder moi c'te gal'rie d'fumier... *

Sans quitter ce dernier des yeux, il s'adressa à celui qu'il venait de blesser, articulant à travers ses dents serrées.

"Soit y la boucle, soit j'termine l'travail. J'suis l'nouveau fossoyeur d'vot' d'bled. Niveau travail fini j'commence à être rodé comme qu'y dirait... C'tait pas franch'ment l'jours à v'nir m'chier dans les bottes..... Eh, pour s'en prendre à un gamin, vous d'vez avoir autant d'couille qu'les boeuf qu'vous débitez, hein les filles ?!"

Si les termes étaient à la limite de l'humour de mauvais goût, le ton n'y était pas. Plus sérieux aurait été difficilement humain.

"Avouez qu'ça s'rait quand même con qu'vot taulier apprenne qu'vous m'chouravez d'mes pensionnaires, pour y dissimuler qu'vous tapez dans l'stock d'barbaque, 'pensez pas ?"

A la suite de sa réplique, le fossoyeur laissa planer la menace. Comme les primates présent ne semblaient guère pressés de réagir, Nialcen pris le partie de les faire bouger :

"EH TAULIER, Y'A UN D'TES PUTAIN D'PORCS QUI PISSE L'SANG SU'L'CARREAUX !! FAUDRAIT Y R'COUDRE AVANT QU'CA S'INFECTE D'TROP ! C'est vrai quoi, au lieu de d'voir y tailler la guibolle, va falloir l'enterrer si vous vous bougez pas les filles !"

Si le début de sa phrase était criée presque assez fort pour attirer leur employeur, la fin quand à elle s'adresseait aux ladres qui faisaient face au fossoyeur.

"J'ai pas l'habitude d'laver ma pelle, pis e'remue autant d'terre que d'tripaille décomposée, à mon avis c'te plaie c'est d'jà un vrai ni a merde... " Il parlait d'un ton calme " Allez gamin, vient par là, j'crois qu'tes copines vont d'voir jouer d'la scie et d'laiguille su'l gigot d'l'aut' tocard, fout leur la paix."

Il avait achevé sa phrase d'un ton aussi dur et froid que de la glace, les yeux planté dans ceux de celui qui retenait encore le gosse.

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Nathanaël
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Nathanaël

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Lun 12 Mar - 15:14

Le plan ne se déroulait définitivement pas comme prévu pour nos chers agresseurs.
Le choc fut assez rude pour les protagonistes qui ne s'attendaient pas à une quelconque intervention extérieure.
Les deux gaillards encore debout restèrent un instant éberlués, à regarder sans comprendre leur camarade à terre se tordre de douleur.
Ils écoutèrent, pris de cours, le nouvel arrivant à la mine inquiétante débiter son discours jargonné d'un ton glacial.

Peut-être Nialcen n'en était-il pas conscient, mais l'énonciation de son statut de fossoyeur apportait toujours ce petit frisson de crainte sous le crâne des gens superstitieux.
Ce pourquoi les types encore debout se concertèrent du regard un bref moment afin de savoir si oui ou non, on pouvait dérouiller celui qui un jour vous mettrait en terre.
Pour l'heure, chacun se contenta de froncer les sourcils aux accusations du vieillard.

Tous pâlirent de concert quand le fossoyeur haussa le ton pour attirer l'attention de leur supérieur. Leur envie d'en découdre était palpable, mais s'ils faisaient du grabuge, ils risquaient fortement de ternir le nom de l'établissement (et surtout le leurs) si cette histoire et les accusations du fossoyeur se répandaient.
De plus, comme le soulignait ce vieux timbré, la blessure était salement faite. Elle nécessitait des soins rapidement, et une double ration de désinfectant.
Les poings crispés, ils enrageaient en leur fort intérieur, mais il fallait qu'ils s'éclipsent en douce le plus vite possible.
« … T'as parié sur le mauvais ch'val, vieux dinguo, finit par lâcher l'homme au sol qui bouillonnait de rage. Ce gamin, tu vas vite regretter d'l'avoir aidé ! »

« Tant mieux s'il choppe la guigne, ça lui apprendra à s'mêler des affaires des autres... On en reste là, pour cette fois-ci ! » gronda un des autres en abandonnant avec dépit son emprise sur le crâne de sa victime.
Il relâchèrent le gosse sans ménagement, qui tomba lourdement au sol.

« … Un conseil, évite de repasser dans le coin. La prochaine fois qu'on se recroise, vieux timbré... Ta dépouille s'ra laissé aux oiseaux d'malheurs, j'te le garantis ! »
Le blessé lança un dernier regard haineux vers l'individu avant de s'éloigner en clopinant, supporté par ses complices.

Pendant ce temps, Nathanaël essayait de récupérer son souffle à travers sa respiration sifflante.
À peine les bouchers l'avaient-ils relâchés qu'il avait lentement rampé sur les pavés inégaux, tendant fébrilement la main pour empoigner son couperet dont on l'avait si cruellement séparé.
Ramenant le couteau à lui, il se recroquevilla un instant, les yeux clos, le serrant contre son cœur comme l'aurait fait un enfant d'une peluche.
Il tremblait encore sous l'emprise de l'adrénaline et essayait de réprimer l'expression de dégoût qu'il avait éprouvé à entrer en contact avec ses types. Montrer ses émotions dans un instant pareil ne le rendait que plus furieux envers lui-même de s'être fait embusqué si facilement.

Se rendant compte que le vieux à la pelle était toujours là, il se redressa vivement, non sans grimace, pour lui faire face.
Appuyé à la paroi de la carriole, il cracha à ses pieds le surplus de sang qu'il donnait à sa salive ce goût métallique si particulier.
Il n'avait pas eu le temps de trop recevoir de coups, mais son moral en avait pris un coup et ses nerfs étaient à bout.
Le môme tourna vers le vieux à la pelle un regard plein de rancœur. Il devait avoir l'air minable, et l'autre était là, à voir son état... Pourquoi lui était-il venu en aide ? Aucune réponse n'était valable à ses yeux.
L'idée qu'il puisse le regarder avec pitié l'insupportait au plus haut point.

« … Z'avez pas mieux à faire que d'rester ici ? J'ai pas besoin de nounou ! » grommela-t-il à l'adresse de son sauveur.

(… Hey, 'me regardez pas comme ça ; j'vous avais déjà dit que c'était un p'tit con !)

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Nialcen

Nialcen

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Mar 13 Mar - 20:27

Nialcen observa les hommes s'éloigner, ne prêtant aucune attention à leurs dires. Il observait le gamin. Ce dernier n'était pas dans un trop sale état. Du moins, il n'était ni mort, ni dans un état pire. Les gaillards qui venaient de déguerpir n'avaient pas eut le temps d'accomplir leurs sales projets. Le vieux fossoyeur, vit l'enfant se trainer jusqu'à son couperet, qu'il ramassa vivement.

Quand ce dernier lui adressa des propos qu'il avait du vouloir plus acérés en guise de remerciement, Nialcen ne cilla pas. Un simple reniflement de dédains vint faire écho à cette réplique mollement téméraire. Le gosse était mince, aussi sec que le fond du crâne de ses agresseurs.

Il laissa passer un instant à l'observer délibérément, d'une part pour lui taper sur le système, d'autre part pour en déterminer le sexe. A contretemps, il répondis :

" Non : t'aurais b'soin d'te r'poser, autant qu't'fout' une livre d'plomb dans l'fond ton crâne : s't'avais voulu m'envoyer chier, t'aurais fais vach'ment mieux, vu c'que t'as dégueulé aux esgourdes de c'tas pécores." déclara-t-il aussi platement que s'il achetait une livre de pain. Rare cependant devait être les clients aussi aigris à la boulangerie.

L'enfant était aussi amène que lui même, ce n'était pas pour lui déplaire. Il se redressa et replaça sa pelle sur son épaule.

"J'ai largement aut'chose à fout', mais j'avais l'occasion d'm'éviter les emmerdes de d'voir m'casser les miches pour coller un chiard d'ton gabari sous dix pieds d'terre. C'du temps d'perdu."

Ces derniers propos avaient étaient sortit plus sèchement, histoire que le gamin pige que son ancêtre ici présent n'avait cure de son sort. Il ne l'avait pas sauvé par compassion, qu'il se le rentre dans le crâne. Par contre, une idée venait de germer dans le sien.
Il regarda autours de lui avant d'aviser une caisse qui devait trainer sur là depuis un certain temps. Il s'y assit, laissant couler sa pelle dans un même mouvement, laissant le manche reposer sur son épaule alors que l'extrémité métallique tintait au sol.

Il posa ses coudes sur ses genoux, avant de reprendre.

"Vu ton âge, s'tu bosse dans c'te turne, c'est qu'tu dois savoir y faire, j'me goure ? Du coup, les gros bras d't'a'l'heure ils l'ont mauvaise, et t'as failli m'donner du boulot. Vu l'gueule qu'tu tire, t'dois être au moins aussi choucard qu'moi, sauf qu't'as pas l'air de t'plaire au turbin entourer d'connard d'là pires espèces." Il observait les réactions de son jeune interlocuteur.

Que ce dernier accueille la proposition par la positive ou non ne changerais rien. Tout au mieux, il gagnerais une paire de bras, raccroché à quelqu'un qui ne les lui briserais pas en caquetant comme une poule, si vous me passez l'expression. Au pire il retournerait à ses affaires, avec la satisfaction de ne pas trouver la dépouille d'un gosse comme premier client.

"Vu la taille d'la case des macchabés, une personne d'plus s'ra pas d'trop. Niveau viande froide, t's'ra pas dépaysé. Ya assez d'place pour pas être obligé d's'croiser tout les jours, pis heureusement, j'ai assez d'ma tronche pour pas avoir à encadrer l'tienne. Niveau paye, t'aura qu'a annoncer c'que l'taulier y raque comme solde ici, t'auras la même. En gros, tu fais ta vie sans m'casser les couilles, et tu fais gaffe qu'personne vienne fout' l'souk sur mon terrain." Il avait déroulé tout son discours, comme à contre cœur, sur un ton qui en aurait insulté plus d'un. Mais Nialcen n'était pas le genre de gars à faire des ronds de jambes et à abuser du langage fleuri.

Il s'était redressé en achevant sa litanie maugréé. Il reposa sa pelle sur son épaule, avant de repartir sans se presser.

Il lança un "Joli canif, gamin", avant de remettre quelques pas entre ce gosse et lui.

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Nathanaël
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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Dim 1 Avr - 19:02

Bon à noter : Envoyer chier les gens ne marchait absolument pas avec ceux qu'il rencontrai à Clavinia, 'fallait que le gamin s'y fasse.

Le vioque pris plutôt parti de rester là à l'observer, ce à quoi le gamin réagit en le fusillant du regard en retour, mais sans broncher lui non plus.

Finalement le croque-mort lâcha :

" Non : t'aurais b'soin d'te r'poser, autant qu't'fout' une livre d'plomb dans l'fond ton crâne : s't'avais voulu m'envoyer chier, t'aurais fais vach'ment mieux, vu c'que t'as dégueulé aux esgourdes de c'tas pécores."

* Gna gna gna, j'me repose si je veux ! Puis c'est quoi s't'accent à couper au hachoir ?!*

Il l'encourageait à l'insulter ? Vraiment bizarre ce type.
Encore une personne qui ne réagissait pas normalement dans cette satané ville...

Que l'autre lui critique sa façon doucereuse de lui parler, il n'en avait grand chose à carrer, surtout quand ces paroles venait de la part d'un vieux timbré.
Pas que Nathanaël éprouvait un quelconque respect pour les vieux débris, ça non, mais il fallait comprendre par là qu'il tenait un tant soit peu à ses miches quand même...
Envoyer paître un gaillard qui venait de trancher dans le lard de quelqu'un d'autre sous vos yeux, c'était contraire à l'instinct de survie.
Et il en avait vu des plus téméraires morfler pour moins que ça...

"J'ai largement aut'chose à fout', mais j'avais l'occasion d'm'éviter les emmerdes de d'voir m'casser les miches pour coller un chiard d'ton gabari sous dix pieds d'terre. C'du temps d'perdu."


Le gosse émit un sifflement de mépris à cette remarque.
Il ajouta en marmonnant entre ses dents :

« S'tu commences à empêcher tout l'monde d'se faire crever dans cette putain d'ville pour avoir moins de boulot sur les bras, tu t'en donnera clairement plus qu'aut'chose dans celle-ci, vieux dinguo ! »

Et puis, comme s'il allait mourir bêtement pour un simple passage à tabac ! Il en avait tellement vécu que l'idée qu'il pouvait bien y rester ne lui effleurait même plus l'esprit.
Ce n'était pas l'idée qu'il se faisait d'un lynchage en tout cas : quand ça lui arrivait à l'usine, les gus se contentaient de frapper jusqu'à ce qu'il perde connaissance, après, les gens ne trouvaient plus ça drôle.
Mais c'est vrai qu'un coup trop bien placé est si vite arrivé...


« Vu ton âge, s'tu bosse dans c'te turne, c'est qu'tu dois savoir y faire, j'me goure ? Du coup, les gros bras d't'a'l'heure ils l'ont mauvaise, et t'as failli m'donner du boulot. Vu l'gueule qu'tu tire, t'dois être au moins aussi choucard qu'moi, sauf qu't'as pas l'air de t'plaire au turbin entourer d'connard d'là pires espèces. »


Le gosse ne voyait pas bien où voulait en venir l'ancien posé en face. Il resta donc muet jusqu'à ce que le vieux reprenne son discours :

"Vu la taille d'la case des macchabés, une personne d'plus s'ra pas d'trop. Niveau viande froide, t's'ra pas dépaysé. Ya assez d'place pour pas être obligé d's'croiser tout les jours, pis heureusement, j'ai assez d'ma tronche pour pas avoir à encadrer l'tienne. Niveau paye, t'aura qu'a annoncer c'que l'taulier y raque comme solde ici, t'auras la même. En gros, tu fais ta vie sans m'casser les couilles, et tu fais gaffe qu'personne vienne fout' l'souk sur mon terrain."

Le rapprochement que faisait son interlocuteur entre les humains et les porcs assombrit un moment le visage du gamin. Il se frotta l'arrière du crâne d'un geste agacé, comme pour chasser les souvenirs fugaces de ce pourquoi il avait dû fuir le continent.
Et puis, la surprise de l'offre que lui faisait l'ancien ne le mettait pas franchement à l'aise non plus.

L'ancien marquait un point pour la « bonne ambiance » qu'il y allait avoir avec ses collègues, maintenant que les hostilités étaient déclarées. Mais ça , le gamin songeait qu'en redoublant simplement d'attention il pourrait gérer ça tout seul, et qu'il pourrait endurer les crasses des autres à essayer de le virer.
Perplexe, il ordonnait ses pensées pour enfin donner son point de vue après le monologue du vieux. Le dit vioque qui ne semblait pas assez patient pour attendre sa réponse, puisqu'il s'éloignait déjà.
Ce qui obligea au gamin de boitiller de quelques pas pour ne pas hurler ce qu'il avait à dire. Il se planta tout de même à une distance raisonnable du croque-mort avant de parler d'un air sérieux :

« Écoute papy… Premièrement, s'qui s'passe au turbin, j'en fais mon affaire. Après, j'ai p'têt' l'habitude d'la tripaille, mais j'ai surtout appris à la découper, pas à l'enterrer.
Et puis, j'suis sûr que des mecs pas très bavards qui s'raient prêt à balloter du cadavres toute la journée pour un peu d'oseille, ça doit pas être bien compliqué à trouver. 'Sûr que ça m'ferait des vacances de côtoyer des types qu'ont les pieds devant, mais j'préfère faire s'que je sais l'mieux faire, pour le moment.»


Puis il reprit son air revêche avant d'ajouter avec désinvolture:

«... Et j'vous retourne le compliment, elle coupe plutôt bien vot' truelle pourrie.»

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Nialcen

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Lun 2 Avr - 17:46

Alors que Nialcen s'éloignait, le gamin pris la parole. Nialcen n'en avait cure, jusqu'à ce qu'il lui annonce que :

"...des mecs pas très bavards qui s'raient prêt à balloter du cadavres toute la journée pour un peu d'oseille, ça doit pas être bien compliqué à trouver..."

Il s'arrêta, avant de faire demi-tour. Le gosse n'était pas idiot, mais plutôt buté. Nialcen travaillait seul, et nul n'avait jamais eut à le voir s'entourer de traine-patin pour accomplir sa besogne. Cependant, ici, les choses étaient différentes.
Le cimetière n'attirait pas les foules : seuls les riches et les plus (ou moins) puissant s'y faisaient creuser un trou. Alors même qu'il n'accueillait pas une grande clientèle, sa superficie, elle, était plus importante que celle des cimetières communs. Bref beaucoup de place pour peu de monde.

Le souci n'était pas de trouver du monde pour creuser des trous, et encore moins des portefaits pour transporter les corps, mais bel et bien du monde pour garder les lieux.

"Pas la peine de gueuler comme un putois, crétin, j'suis vieux, pas sourd et j'suis pas à des kilomètres... J'crois qu't'as pas pigé d'trois trucs... D'abords, l'lascars de d't'a l'heure, si t'ont pas crevé, l'prochaine fois y t'rateront pas... Vu leurs trognes pis surtout celle du boiteux, y t'tapaient pas d'ssus pour s'marrer...
J'suis pas altruiste, mais on crève pas un gosse. Surtout si c'est moi qui dois m'coltiner l'merdier à y foutre sous terre.
"

Le fossoyeur avançait d'un pas tranquille en direction de l'enfant resté prudemment hors de porté.

"Pour l'faire simple, creuses un trou, un seul, et j't’y fous d'dans moi-même. Mon boulot, c'moi qui'l'fait, pas un trou du cul d'ta taille... C'que j'cherche, c'pas un gars du genre d'ceux qu'j'viens dégager, non plus qu'un putain d'docker... J'peux pas être partout dans c'cim'tière aussi vaste qu'la connerie humaine. Et hors d'question qu'on vienne y fout' la merde, 'fin, autre que celle que j'y enterre....
Les cadavres, ça attire la faune, et j'parle pas qu'des rats ... Les malades, les machins bizarres capables d'bouffer d'la barbaque aussi fraiche q'tes sapes... Y s'pressent pour s'servir d'mes tombes comme d'un putain d'garde manger, et j'vois pas pourquoi ç's'rait different dans c'bled.
"

Il s'était arrêté à porté du tranchoir de l'enfant.

"T'as un caractère aussi merdique q' l'mien. T'as l'air aussi buté qu'une putain d'caillasse et tu sais t'servir d'ton machin.... Tu veux rester dans c'q'tu sais faire, pis trancher du porc ? C'c'que j'te propose ... Tu t'assures que l'cim'tière y reste l'domaine des macchabés, et tu m'découpes tout c'qu'a rien à y foutre."

Il restait imperturbable, présentant son offre à celui qui lui semblait le plus à même de tenir ce rôle. Pourquoi chercher loin ce qu'il avait eu la "chance" de croiser sur sa route ? Il n'avait aucune incidence sur la décision du gamin : Nialcen n'y voyait qu'une opportunité, qu'il avait saisie.

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Nathanaël
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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Lun 9 Avr - 22:25

Le vieux continuait sa rengaine selon laquelle les jours du gamin étaient comptés dans la baraque de l’équarrisseur, histoire de donner de la consistance à sa proposition, et de confirmer qu'à son âge, on savait bien radoter quand il s'agissait de dire ô combien les jeunes ne connaissaient rien à la vie.

Tiens, finalement il lui donnait la raison de son intervention : un des rare gars dans le patelin qui ne supportait pas que l'on crève des enfants qui n'étaient pas les siens. À Clavinia, ça voulait surtout dire ne pas vouloir couper à la racine des futurs hors-la-loi, à vrai dire.

Ensuite, le fossoyeur lui fit bien comprendre que ce qu'il attendait de lui, ce n'était finalement pas de trimbaler du macchabée avec lui comme il l'avait pensé, mais de travailler en tant que gardien de cimetière. Un froncement de sourcil indiqua un regain d’intérêt du jeune découpeur.
Apparemment, y avait des créatures louches qui rôdaient près des dépouilles quand le pelleteur avait le dos tourné... On ne pouvait pas dire que c'était pour rassurer le mioche quand à la dangerosité des individus qu'il serait être amené à rencontrer ; les retourneurs de tombes n'étaient pas des gens très fréquentables, à ce qu'il se disait...

Nathanaël hésitait. Le cimetière était un cadre enchanteur pour une personnalité aussi angoissé que la sienne, mais il s'obstinait à penser que sa place était parmi les découpeurs de viandes.
Quoique, comme le disait l'ancêtre, il aurait une plus grande variété à trancher, et surtout : point trop de visite, plus de temps libre. Une train de vie plutôt paisible, sans doute.

Trop près. Cet enfoiré d'ancêtre s'était rapproché au plus près sans plus prendre en compte le malaise que cela provoquait dans l'attitude du môme. Pour le gamin, le vieux le faisait exprès pour le tester, c'était sûr.
Nathanaël détourna la tête dans un soupir d'exaspération tout en rangeant son couperet dans son étui. Il fourragea rageusement dans sa sacoche pour en extirper son nécessaire à fumer. Il prit le temps de rouler avant de répondre :

« Déjà, qui me dit que vous êtes plus réglo que les enflures d'mon établissement ? »

Exhalant sa première bouffée, il scrutait la réaction du vieux face à l'odeur qui devait lui parvenir en plein visage : avait-il vu au premier coup d'oeil que le gamin ne fumait pas que du tabac ?
Soudain, son regard se figea dans le vide : dans ses réflexions sur l'offre de l'ancêtre, une idée lui était venue. Fébrile, il tritura nerveusement son rouleau avant de tenter quelque chose :

« … Bon, imaginons que vous m'preniez à l'essai, genre, j'veille sur vos tombeaux pendant la nuit. Si ça m'plait, et qu'vous tenez vos paroles, j'viens à temps plein, mais j'aurai une requête à vous d'mander. »

Sur ce, le môme laissa un silence s'installer alors qu'il tirait à nouveau sur son joint, conscient de l'embarras qui allait suivre face au culot de ce qu'il exigeait :

« ... Si ça s'fait, j'veux une piaule dans vos quartiers. »

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MessageSujet: Re: L'est pas frais mon cochon ?!   Dim 29 Avr - 12:02

* Pas con l'p'tiot ...* songea Nialcen.

" S'y qu'ça pour t'satisfaire, t'aura tout c'que j'utilis'rais pas dans la baraque... Se soir à la tombée du jour, tu t'pointes à la grille, pis soit pas à la bourre, j'horreur d'ça...! "

Sur ce "gentlemen agreement", il tourna les talons avant de retourner chercher celui qui ferait en sorte que la toiture de la masure dont il venait d'être question reste à sa place.



[A reprendre au cimetière]

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