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 Arbalète et Arbousier - Le camp de Qiang Ma l'Arquebusier.

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Aymar

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Date d'inscription : 29/08/2011
Localisation : porté disparu

MessageSujet: Arbalète et Arbousier - Le camp de Qiang Ma l'Arquebusier.   Dim 23 Oct - 1:58

Mettant à profit cette capacité que les centaures partagent avec les chevaux, Aymar avait passé la nuit à se reposer debout en bordure d'un chemin. Bloquant un postérieur à la fois pour ne pas choir, il s'était emmitouflé dans son étoffe de feutre pour conserver un minimum de chaleur corporelle. Cependant, alors qu'il se remettait en route dès les premières lueurs du jour, il ne put que constater certaines raideurs musculaires qui trahissait l'inconfort dans lequel il avait passé la nuit. Cheminant sur des sentiers caillouteux, il restait fixé sur son objectif.

C'était sa volonté de renouer avec les hommes chevaux qui l'avait amené à se renseigner en quittant Matthew et Oroshi. Il avait posé quelques questions à des passants plus ou moins propres sur eux, pour finir par s'entendre dire en échange de quelques piécettes qu'un groupe de centaures mercenaires s'étaient établis vers l'intérieur de l'île. Leur chef se faisait appeler l'Arquebusier et était apparemment suffisamment accessible si l'on y mettait le prix.
Ragaillardit par sa rencontre avec Dame Milicerte, qui l'avait rassuré sur ses chances de rencontrer des personnes de confiance. Et la bourse alourdie par la générosité intéressée de Matt, il s'était donc éloigné du port de Clavinia pour renouer avec une partie de lui même. Après avoir finit son exploration des grands axes de la célèbre ville pirate, il avait donc passé le restant de sa journée sur les routes, sentant la poussière et l'écume maculer peu à peu sa robe ébène. Après quoi il s'était arrêté pour passé la nuit dans un endroit suffisamment paisible pour risquer d'y relâcher sa vigilance.

Le fils de Chiron arriva bientôt en vue d'un cours d'eau tourbillonnant, dont les clapotis miroitants invitaient à la baignade. Il en profita pour boire un peu et s'humidifier la nuque avant de s'éloigner pour observer les alentours.
En recoupant les différentes informations qu'il avait récolté, il était parvenu à identifier la route à suivre. Aussi se mit-il en quête d'une ouverture dans la paroi calcaire qui bordait un côté de la route. Il lui fallut quelques instants pour déceler le défilé qui devait échapper aux regards des passants non-informés de son existence. En effet l'entrée de celui-ci était masquée par d'énormes blocs calcaires disposés en quinconce qui s'inséraient dans la continuité de la falaise. De sorte qu'il était facile de passer cent fois devant sans remarquer son existence.

S'aventurant dans la végétation, l’humanoïde aux yeux cerise remarqua un sentier dissimulé derrière les arbustes qui indiquait la route à suivre. Il s'étonna encore une fois de la discrétion de cet aménagement, surtout quand on gardait à l'esprit que des créatures d'une demi-tonne passait par là régulièrement. C'est alors qu'il remarqua que le sol et la flore alentour n'était pas la même qu'un mètre plus loin. C'est le sourire aux lèvres qu'il réalisa l'astuce, quelqu'un avait délibérément terrasser et planter cet endroit pour dissimuler ses aller et venues, tout en veillant à conserver des végétaux qu'on trouvait à moins de trente mètres à la ronde.

C'est donc avec une certaine méfiance, qu'il s'aventura plus profondément dans l'étroit passage. Si les mercenaires ressentaient à ce point le besoin de couvrir leurs traces, ils n'apprécieraient peut être pas de le voir débarquer de la sorte. Son malaise ne fit que monter à mesure de ses pas, s'exprimant par une impression étrange qui lui tiraillait les entrailles. Cette sensation, il l'avait ressentie pour la première fois en s'approchant du défilé. Ce fut d'abord à peine perceptible, pour devenir oppressant, il avait de plus en plus clairement l'impression d'être surveillé.
Vu le contexte, cela lui semblait évident et il tentait de ne pas trop y prêter attention. Mais il ne pouvait empêcher son cœur de s'emballer chaque fois qu'un roulement de cailloux se faisait entendre au dessus de sa tête, hors de portée de sa vue sur la falaise qui le surplombait.

C'était l'une des causes de son anxiété, le défilé dans lequel il évoluait était un terrain propice aux embuscades et ne lui offrait aucune possibilités de repli. Quelque soit l'opinion des mercenaires à son encontre, il était à leur merci. Aussi espéra-t-il vivement que ses congénères soient bien disposés.

Le jeune Ayling arriva finalement en vue d'une dernière petite montée d'une demi-douzaine de mètre. A son sommet, un centaure aux larges épaules se tenait dressé, immobile et silencieux. L'intrus préféra ne courir aucun risque et sans ajouter un mot dévoila sa bourse et son contenu d'un geste lent et calculé. La sentinelle sembla recevoir le message et s'écarta imperceptiblement, invitant Aymar à le précéder.

C'est donc un peu plus nerveux et ce qu'il supposé être une lance entre ses omoplates, que le centaure lettré fit ses premiers pas dans le camp de l'Arquebusier.
L'espace était couvert de graminées vertes et blondes, parsemait d'Aphyllanthe, d'Asphodèle, d'Euphorbe, de Genévrier, d'Olivier et d'autres plantes du même acabit. C'est toutefois la prédominance des Arbousiers qui attira son attention. Au milieu de ce paradis végétal se dressait un puits et quelques constructions en bois assez basses. Tous ces éléments artificiels avaient leurs toits couverts d'une matière non-identifiable, sur laquelle prospéraient les mêmes plantes qu'au sol de sorte que même une harpie qui passerait par là n'aurait pu remarquer que les lieux étaient habités.

Des éclats de voix entrecoupés de bruits métalliques attirèrent l'attention d'Aymar sur sa gauche. Une dizaine d'humanoïdes sabotés s'entraînaient à des pratiques martiales aussi variées que le tir à l'arc, le combat à la lance, la lutte ou le lancé de javelot. Impressionné par ce spectacle, Quatr'pas ne remarqua pas que deux autres centaures s'étaient approchés de lui.

    - Que nous vaut cette visite inattendue ? demanda une voix grave et assurée.


Tournant brusquement la tête pour faire face à son interlocuteur, le quadrupède se trouva face à un autre être hybride. Ce dernier avait le pelage et les cheveux blancs, ainsi qu'une petite barbe de la même couleur, des yeux bleus et des traits burinés. Son corps nu était très musclés, mais laissait voir une petite bedaine qui trahissait une certaine bonhommie.
En voyant la largeur de ses membres et sa croupe double, l'humanoïde aux cheveux noirs pensa à ces chevaux que les humains utilisaient pour travailler dans les champs.

    - Je... enfin j'aurais... aimé... discuter de certaines choses avec vous... balbutia Aymar très hésitant.


Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait face au sien et la dernière fois que cela s'était produit avait suffit à lui faire comprendre qu'on ne rigole pas avec les centaures. Il éprouvait donc une grande peine à expliquer les raisons de sa démarche, d'autant plus qu'il n'était pas certain de les comprendre lui même. Une force l'avait mû jusqu'ici sans qu'il ne se pose de question, comme si cela lui avait paru évident. Mais à présent les choses lui paraissaient nettement moins évidentes.

    - Et de quoi veux-tu discuter ? Aurais-tu un travail à nous proposer ? demanda son ainé sans s'impatienter.

    - Eh bien..., je compte m'installer à Clavinia pour devenir guérisseur. Mais mes connaissances des soins et remèdes ont besoin d'être rafraichies. avoua-t-il finalement.

    - Voilà qui n'est pas commun... déclara le barbu en riant un peu. Et pourquoi ne demandes-tu pas l'aide des membres de ton clan ? l'interrogea-t-il ensuite.

    - Je n'ai pas de clan. lança froidement Aymar qui ne souhaitait pas débattre du sujet.


Il se passa alors un moment sans qu'un mot ne soit prononcé, comme si les deux hommes se toisaient ou essayaient de déceler les faiblesses de l'autre. Puis le plus âgé des deux arbora un large sourire, comme s'il avait trouvé un motif de satisfaction.

    - Dans ce cas, nous allons voir ce que nous pouvons faire pour toi ! expliqua-t-il avec le sourire. Suis-moi, nous serons plus tranquille à l'intérieur pour discuter. Au fait, je me nomme Qiang Ma, mais la plupart me connaisse sous le nom de l'Arquebusier. plaça-t-il sur le ton de la conversation.

    - Enchanté... Mon nom est Aymar, Aymar Ayling. rétorqua poliment le jeune homme. Qiang Ma, est-ce votre vrai nom ? questionna-t-il intrigué par la sonorité exotique d'un tel patronyme.

    - Il est sans doute aussi vrai que le tient... Aymar !

    - C'est le nom que mon père m'a donné ! s'offusqua-t-il sans parvenir à se contrôler.

    - Et ce père, il avait quatre ou... deux pieds ? demanda le vieux centaure sur un ton qui n'attendait pas de réponse.


Le petit groupe de trois humanoïdes arriva à la porte d'un grand cabanon et le plus vieux y entra, suivit d'Ayling et du troisième laron. L'endroit était lumineux, il se divisait en une partie aménagée comme toutes les habitations rustiques de l'époque et une plus petite dont le sol était couvert d'une épaisse litière de paille. Une mezzanine courait sur toute la longueur de l'habitation et semblait nettement plus cossue.

C'est de là que deux rires féminin s'élevèrent, faisant naitre une expression intrigué sur le visage du visiteur. Cela n'échappa nullement à Qiang qui se mit à rire de nouveau.

    - Mes deux... palefrenières vivent là haut. indiqua-t-il en regardant les deux visages qui venaient d'apparaitre au dessus du garde-corps. Elles me sont d'une aide précieuse ! déclara-t-il avec une expression grivoise.

    - Je vois... se contenta de répondre l'invité qui ne tenait pas à faire de vague.


Balayant la pièce du regard, le jeune centaure remarqua une étagère où étaient exposées des arquebuses finement ouvragées. Des crosses en ivoires, des dorures et des pierres précieuses en faisaient des objets de grande valeur qui dénotaient sérieusement avec le reste de la cabane. Ce fut la voix de leur supposé propriétaire qui arracha Quatr'pas à sa contemplation.

    - Il y a longtemps tous les miens sont morts suite à une attaque de minotaure, c'est à cette époque que je me suis rapproché des humains. J'ai vite compris que ma science du combat pouvait leur être utile et assurer ma subsistance. Puis j'ai rencontré d'autres centaures qui avaient connus des histoires semblables à la mienne, alors ils se sont joints à moi. C'est ainsi que s'est formé ma troupe de mercenaires et je dois dire qu'on ne s'en sort pas trop mal. expliqua-t-il simplement. Tout ça pour dire que tu n'es pas le premier que je rencontre qui a oublié les racines de sa force.


A cet évocation le centaure au regard brun resta muet, l'air hagard.

    - Alors je vais t'aider, mais tu vas devoir me prouver que je ne perdrai pas mon temps avec toi et que je pourrai compter sur ton aide quand je te la demanderai, cela te semble honnête ?

    - Bien sûr... bredouilla le jeune ahuri.


Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Aymar se retrouva avec une lance dans les bras. Il ne lui fallut que quelques secondes de plus pour comprendre qu'il allait devoir remporter un duel. Seulement, quelques secondes sont le genre de détail qui font la différence entre un gagnant vivant et un perdant mort. Cela, il le comprit quand il sentit la perche de bois se glisser derrière son genou et faire levier contre son grasset pour le renverser sur le sol de la vieille bicoque.

    - Je te conseille de te montrer un peu plus combatif ! Je ne vais pas perdre mon temps avec un empoté ! Lui lança Qiang sous les rires de son acolyte jusque là silencieux.


Aussitôt dit, aussitôt fait ou presque. Car il fallut à Aymar le temps de se relever, d'abandonner ses affaires et de ramasser sa lance avant de pouvoir se jeter contre la porte qui s'ouvra à la volée. Le jeune centaure espérait que sa fougue ferait la différence et lui permettrait de fatiguer un peu son opposant. Il n'avait aucune idée de la façon d'utiliser correctement une lance, mais les choses deviendraient logiquement plus facile face à un vieillard à bout de souffle.
Malheureusement, un bref regard par dessus son épaule lui indiqua que le combat risquait d'être plus compliqué que prévu. Qiang venait de surgir de sa maison et sa foulée n'avait rien à envier à celle d'un jouvenceau. Bandant ses muscles et ployant ses jarrets, il ne lui fallut pas longtemps pour se hisser à porter de son opposant. Ses mouvements n'étaient pas sans rappeler ceux d'un félin, ce qui lui aurait valut l'admiration du nouveau clavinien si ce n'était pas lui sa proie ! Débuta alors une course poursuite autour du camp, dont les mercenaires se plaisaient à admirer en riant les deux adversaires de force à peu près égale.

Aymar avait beau enchainer les demi-tours et autres figures acrobatiques digne des plus grandes académie d'art équestre, il ne parvint jamais à distancer son adversaire. Pire, il en vint même à trébucher contre une arbalète qui trainait et offrit une occasion en or à son adversaire, qui en profita pour lui flanquer un coup d'épaule qui le déséquilibra. Basculant en pleine course, le jeune humanoïde chuta lourdement et sentit la pointe de la lance de l'Arquebusier qui se posa sur sa jugulaire.

    - Si un simple coup d'épaule suffit à t'envoyer au tapis, c'est que tu es trop fragile ! Vivre au milieu des humains a fait de toi un être beaucoup trop délicat, mais rien est perdu ! souffla le guerrier expérimenté en tendant une main secourable au jeune homme.


Ce dernier se releva et ne put que constater sa défaite, il n'était pas sans savoir que d'une certaine façon Qiang avait raison. Il se souvenait encore des adultes de son clan et de leurs qualités de combattant, qualités qui lui faisaient visiblement défauts.
Son amertume ne fit que s’amplifier alors que son hôte décida d'enchainer les épreuves. Tir à l'Arc, lancé de javelot et combat à l'épée s'enchainèrent sans que Quatr'pas ne parvienne à tirer son épingle du jeu. Il ne savait pas si le chef des mercenaires voulait l'humilier ou chercher à déceler une quelconque qualité chez lui, mais au bout d'un moment lui aussi sembla se lasser.

    - Je crois que j'ai vu ce que je voulais voir ! lâcha-t-il comme une sentence. Suis moi jusque chez moi, nous allons tenter de t'arranger un peu avant que tu ne retournes vers les bipèdes. lui lança-t-il en montrant diverses écorchures visibles depuis les trous de la tunique en lin d'Ayling.


Cette fois les deux centaures restèrent seuls, celui qui les avait accompagné à l'intérieur plus tôt étant resté pour rire avec ses amis des déboires du débutant. Leurs rires amenèrent Aymar à serrer les dents, tandis qu'il ôtait sa chemise et constata les nombreuses marques qui y étaient apparues. des bruits de pilon en pierre attirèrent son attention sur les activités de Qiang qui écrasait diverses herbes dans un bol. Le plus jeune des deux hommes reconnu de l'immortelle et de l'arnica et en conclut que l'Arquebusier préparait un baume qui soignerait ses contusions. Il s'étonna alors de le voir prendre une drôle de fleur jaune au lieu de la calendula posée juste à côté.

    - Je crois que vous avez commis une erreur, une herbe sauvage à du se mêler à votre stock de calendula ?! lança-t-il pour rendre service.


Il regretta cependant très vite son geste amicale quand Qiang tourna vers lui un regard dur qui lui donna l'impression d'être transpercé de part en part. Comment avait-il pu oublier qu'on ne contredisait pas un centaure, surtout quand celui-ci venait de prouver par A plus B qu'il pouvait vous briser comme un fétu de paille.
Mais à son grand étonnement un sourire se dessina sur le visage hâlé du vieux briscard.

    - Ce n'était pas une erreur, si j'avais ajouté cette plante à ma préparation elle t'aurait empoisonné en pénétrant tes tissus. Mais en réussissant cette épreuve, tu viens de gagner le droit d'être soigné ! Il était temps, je commençais à croire que ta vie parmi les bipèdes t'avait définitivement perdu !


Un mélange d'émotions contraires s'empara du centaure aux yeux cerise qui ne savait plus où il en était. Il était dépaysé, perdu, fourbu, et venait d'échapper à un empoisonnement, pourtant une certaine satisfaction venait d'éclore en lui. Un contact froid au dessus de son coude droit le fit sursauter brusquement et il sentit une forte poigne lui retenir le bras.

    - Hey bien ! Tu es plus nerveux qu'une jeune pouliche ! s'esclaffa l'humanoïde barbu. Mais essaye de rester tranquille une seconde que je puisse t'appliquer ça. A moins que tu préfère que l'une de ces deux jeunes filles ne s'en occupe à leur façon ? lui demanda-t-il en montrant ses "palefrenières" d'un mouvement de menton.


Elles étaient descendues de leur mezzanine et semblait s'affairer à la préparation du repas. L'une d'elle qui n'avait rien perdu de la conversation adressa un clin d’œil à l'étranger en se mordant le coin de la lèvre inférieur.

    - Non merci ! coupa Ayling à qui la douleur avait fait oublier sa volonté de ne pas se montrer désobligeant. Je ne suis pas un adepte des "démonstrations d'affection" entre espèces !


Et pour cause ! Il fallait dire que Quatr'pas avait été élevé par un homme du continent, qui avait lui même était élevé dans l'idée que les humanoïdes étaient des êtres inférieur. Et il allait de soit que cet homme respectable et respecté ne souhaitait pas apprendre un jour qu'on avait retrouvé son adolescent, de plusieurs centaines de kilos, sur la croupe d'une lavandière ! Aymar avait donc très vite apprit que l'on ne mélange pas les torchons, les serviettes et les époussettes
Sa réponse et son expression outrées ne manquèrent pas d'arracher un fou rire au vieux centaure qui finissait d'appliquer son onguent.

Lorsque celui-ci commença à pénétrer la peau du jeune centaure, un fort goût d'herbes coupées se manifesta dans sa bouche. Il réalisa alors la puissance de la préparation de Qiang et ne manqua pas de songer qu'une telle concentration serait nocive pour un humain. Cela n'avait pourtant rien d'étonnant, car c'est ce besoin de recourir à des "doses de cheval" qui avait poussé les centaures à rechercher les principes actifs les plus puissants durant des millénaires. Faisant d'eux le peuple de guérisseur que tout le monde connait.
Qiang en était visiblement l'un des dignes représentant et pourrait aidé Aymar à mettre ses aptitudes naturelles au service des humains.

Une nouvelle fois emporté par le fil de ses pensées, le jeune philanthrope n'avait pas remarqué que son aîné s'était éloigné pour se laver les mains dans un bassin avant de sortir une bouteille et quatre verres. Passant près des jeunes filles, il renifla ce qu'elle faisait mijoter et adressa une petite tape sur les fesses de l'une d'entre elles en signe de contentement. Puis il amena le plateau avec la boisson sur la table qui ornait l'espace à vivre.

    - Tiens ! C'est de la liqueur d'arbouse. expliqua-t-il à son jeune invité en lui tendant un verre.


Le convive accepta sans rien dire, estimant qu'un nouveau refus finirait par mettre une mauvaise ambiance. D'autant que si la boisson pouvait lui filer la gerbe, au moins elle ne risquait pas de lui donner des maladies vénériennes.
Accompagnant son patient en se sifflant un verre cul sec, le bedonnant guerrier reprit la parole.

    - As-tu conscience que ce n'est pas ta mémoire défaillante qui t'a amené ici ? demanda-t-il en sondant son invité de ses yeux bleus. Tu es un centaure ! Nous sommes des créatures grégaires et vivre dans la solitude n'est pas fait pour nous. Je ne sais pas ce qui s'est passé pour que tu t'éloignes des tiens, mais saches que même ça, ça n'a pas pu changer ta nature. Alors tu peux te voiler la face et vivre parmi les bipèdes, tu peux même parler leur langue, mais tu ne comprendras jamais le sens complet de leurs conversations. Leurs desseins resteront nébuleux pour toi et eux ne se soucieront jamais réellement des tiens à moins qu'ils n'y trouvent leur compte. Tu n'es pas l'un des leurs et même au milieu de leurs foules tu seras toujours seul et livré à toi même ! Alors si tu en es conscient c'est déjà ça, mais sache que peu d'entre nous peuvent se montrer capable de vivre en prenant leurs propres décisions ! termina-t-il l'air grave.


Ses paroles ébranlèrent son jeune interlocuteur qui resta muet l'espace d'un instant avant de rétorquer l'air léger :
    - Tu as raison. Mais les humains pourront trouver leur intérêt dans mes rêves, ce qui m'assurera leur soutient pour les réaliser. Et même si je m’aperçois qu'aucun d'eux ne s'est jamais réellement soucié de moi, je pourrais toujours me consoler en me disant qu'ils étaient de belles béquilles qui m'ont appris à vivre pour moi même.


Qiang Ma eut un nouveau sourire pour son nouveau protégé et se servit un deuxième verre.

    - Je ne voudrais pas que tu passes ta vie à rêvasser bêtement, alors tu reviendras dans deux jours pour ta première leçon !

    - Je n'y manquerai pas ! Mais pour l'instant je dois aller rencontrer un médecin à Clavinia et je n'ai pas envie que quelqu'un décroche la place avant moi. répondit-il en quittant la table.


Il ramassa ses affaires et passa les lanières de ses sacoches par dessus son torse nu, puis il salua les occupant du chalet et sortit à l'air libre. Il ne se risqua pas à adresser un signe de tête aux mercenaires, qui l'observaient avec circonspection, préférant se diriger vers la sortie du camp.

C'est au galop qu'il parcourut le défilé en sens inverse, content d'avoir renouer avec une partie de lui même. Déboulant sur le sentier, il sauta par dessus un arbuste et se dirigea vers le cours d'eau en se délestant de ses affaires. Ayling entra dans l'eau en trombe, créant des gerbes d'eau qui éclaboussèrent les rives poussiéreuses.
L'eau était très fraiche, mais cela n'enlevait rien du plaisir que l'humanoïde ressentait à se débarbouiller. Il resta là de longues minutes et ne regagna la berge qu'une fois sa robe propre et brillante. Il se secoua alors comme un vulgaire canasson et fouilla dans son sac pour en sortir une tunique en coton clair qu'il enfila rapidement. Propre et ses affaires en place, il reprit la route en direction de la ville portuaire. Filant droit sans s'arrêter jusqu'à Clavinia, il espérait que la prochaine rencontre serait aussi satisfaisante que les deux précédentes.




HRPG : J'utiliserai ce sujet pour justifier l'évolution des compétences raciales d'Aymar.

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